Peu de femmes émergent dans l’histoire de la peinture du XXe siècle. Pourtant, Marie Laurencin fait partie de ces rares exceptions qui parvint à se faire une place dans un univers masculin.
Si le public français connaît bien son nom au travers de L’été Indien, chanson de Joe Dassin dans laquelle il rendait hommage à l’artiste : «Avec ta robe longue tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin», il n’a pas eu réellement l’occasion de découvrir son travail.
En effet, l’exposition que lui consacre le musée Marmottan est la première organisée en France. Une visite s’impose pour admirer les 92 peintures et aquarelles exposées.
Cinquante-sept ans après sa mort, il était temps de découvrir celle qui eut pour parrain Picasso au sein du Bateau-lavoir, résidence d’artistes que fréquentent Matisse, Derain ou encore Braque au début du siècle.Elle y rencontre Apollinaire avec lequel elle entretiendra une relation passionnelle.
Muse pour ses contemporains, Marie Laurencin impose son style pictural. Travailleuse acharnée, en un demi-siècle, outre 2 000 peintures, elle exécute près de 300 gravures sur pierre et sur cuivre, illustre des livres tout en réalisant des décors et costumes pour la scène.
Ses clients font partie de la haute société dont elle peindra dès 1923 sans relâche leurs élégants portraits. Ce genre lui permettra de gagner ses galons auprès de collectionneurs étrangers férus de ce charme à la française.
Marie Laurencin (1883-1956) jusqu’au 30 juin au Musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly, Paris 16e (01 44 96 50 33).