En voyage aux confins de la Transylvanie et des Carpates méridionales, le touriste aura la surprise de découvrir une commune baptisée : "General Berthelot".
En inscrivant son nom au cœur de leur géographie, les Roumains ont ainsi voulu rendre hommage à ce grand militaire français, héros méconnu de la Première Guerre mondiale. Contraste saisissant, Henri Berthelot (1861-1931) est absent des manuels d’histoire tricolores.
Personnage atypique, célibataire endurci, amateur de belles femmes et de belles-lettres, ce saint-cyrien à l’ample stature et à l’œil pétillant est désigné en 1916 par le général Joffre pour une mission à hauts risques.
Alors que la bataille fait rage à Verdun et sur la Somme, il est chargé de venir en aide à l’armée roumaine en grande difficulté sur le front oriental. Dans un contexte hautement complexe, avec des moyens limités et face à une situation militaire critique, il fait de nombreux miracles. Mais la signature d’une paix séparée entre la Russie et l’Allemagne en 1917 l’empêche d’en cueillir les fruits.
Un nécessaire hommage
Alors que se dessine le centenaire du début de la Grande Guerre, Michel Roussin ressuscite cette figure passionnante. Plutôt qu’une approche scientifique aride, l’auteur a choisi de raconter comment lui-même l’a découvert lorsqu’il était jeune doctorant dans les années 1970.
En découle un va-et-vient évocateur entre deux époques – celle du roi Ferdinand (1865-1927) et celle de Nicolae Ceausescu (1918-1989) – et un récit particulièrement vivant que l’esprit et l’humour de l’auteur viennent pimenter régulièrement. Le général Berthelot a enfin l’hommage qu’il méritait.
Sur les traces du général Berthelot, de Michel Roussin, éditions Guéna-Barley, 18 €.