Découverte en 1996 dans La vérité si je mens, Amira Casar ne cesse depuis de diversifier ses rôles. Retour sur le parcours d’une actrice au charme atypique, qui alterne drames et comédies.
Archives – Article publié le mercredi 3 septembre 2008
Adoptée depuis longtemps par la France, Amira Casar a fait de Paris son port d’attache, mais reste malgré tout profondément cosmopolite. Née en 1971, d’un père kurde et d’une mère russe, Amira Casar passe ses premières années entre l’Irlande et l’Angleterre. D’ici et d’ailleurs, Amira Casar entretient ce mélange culturel. Elle parle français, italien, anglais, espagnol, et maîtrise des rudiments de russe. Un atout qui lui permet de tourner pour des réalisateurs étrangers, de Tony Gatlif à Werner Schroeter en passant par Carlos Saura et Guy Maddin.
De la mode au cinéma
Avant de succomber à la comédie, Amira Casar débute sa carrière comme mannequin. Repérée à l’âge de 14 ans par le photographe Helmut Newton, la beauté de la jeune fille fait rapidement oublier sa petite taille pour un tel métier : 1,68 m. A l’âge de 16 ans, elle part pour Paris, travaille pour Jean Paul Gaultier et Chanel, pose dans Vogue et Vanity Fair. Mais sa vocation est ailleurs. De ses années-là, Amira garde néanmoins une addiction pour la mode. Présente à tous les défilés, elle apparaît régulièrement dans les pages mode des magazines pour livrer ses conseils de beauté.
En 1989, elle décide d’intégrer le cours Florent. La même année, elle fait sa première apparition au cinéma dans Erreur de jeunesse de Radovan Tadic. Une première expérience éclair puisqu’elle ne reviendra sur les écrans que six ans plus tard dans Ainsi soient-elles de Patrick et Lisa Alessandrin. Entre-temps, Amira Casar se consacre au théâtre. Elle se perfectionne au Conservatoire national supérieur d’art dramatique avec pour professeurs Catherine Hiegel et Philippe Adrien. De ces années de formation, elle garde une passion pour les planches. Un désir longtemps inassouvi puisque les portes du théâtre ne lui sont ouvertes qu’en 1999. Cette année-là, elle interprète Hedda Gabler d’Henrik Ibsen à Paris et joue également à Londres dans la pièce Aunt Dan and Lemon de Wallace Shawn.
Vidéo : portrait d’Amira Casar par Stéphane Guillon à 20h10 Pétantes
Révélation
C’est dans le registre de la comédie qu’Amira Casar est révélée au grand public dans La Vérité si je mens (1997) de Thomas Gilou. Son interprétation lui offre une nomination au césar du meilleur espoir féminin. En 2001, Amira Casar se replonge dans les arcanes du Sentier dans La vérité si je mens 2, suite davantage maîtrisée et rythmée que le premier volet. Le film connaît à nouveau un gros succès auprès du public. Et elle retrouve l’équipe du film pour un troisième opus, sorti en 2012. Propulsée grâce à cette comédie populaire, l’actrice enchaîne les films du même registre avec Pourquoi pas moi ? (1998), Le derrière, Tôt ou tard (1999), Filles perdues, cheveuxgras(2002).
Vidéo : Bande-annonce de La Vérité si je mens ! (Thomas Gilou, 1997)
Mélanges des genres
Si sa popularité auprès du public est liée à la comédie, Amira Casar ne s’est jamais enfermée dans un genre particulier. Portant souvent un pendentif «tête de mort», vestige de sa période gothico-punk, Amira fascine les réalisateurs autant par son excentricité que par sa pudeur. Actrice nomade, elle passe d’un univers à l’autre, de Comment j’ai tué mon père (2001) à Anatomie de l’enfer (2002) de Catherine Breillat. Elle joue ensuite une première fois sous la direction des frères Larrieu dans Peindre ou faire l’amour en 2005. Même si certains de ces films ne rencontrent pas le succès escompté, ses interprétations sont toujours largement saluées.
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