Monica Bellucci, belle et rebelle

Monica Bellucci en 2012[CC/myalexis]

Monica Bellucci est l’une des plus belles femmes au monde. Cette comédienne talentueuse et exigeante a su dépasser le mannequin et imposer ses choix dans le milieu du cinéma et n’hésite pas à incarner des personnages sombres et violentés.

 

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A l’image de son personnage dans Dobermann (1997), ou, plus controversé encore, dans Irréversible (2002), Monica Bellucci aime surprendre. Depuis plus de vingt ans, elle mène une carrière tranquille, sélectionnant soigneusement chacun de ses rôles. Le plus souvent, il s’agit des personnages aux antipodes de l’image glamour que tentent d’imposer les magazines.

Quel que soit le rôle, Monica Bellucci éblouit. Madone italienne, femme fatale, elle ne séduit pas seulement un public masculin fasciné par ses charmes ; elle fait l’unanimité. Dans l’imaginaire collectif, elle succède à ces gloires hollywoodiennes des années cinquante, à ces Marylin Monroe, Rita Hayworth et Ava Gardner qui ont, un jour, incarné l’idéal féminin. Monica Bellucci, diva du glamour, est née le 30 septembre 1964 à Città di Castello, en Ombrie. Elle commence des études de droit à 18 ans, mais ses mensurations spectaculaires et ses traits réguliers lui font vite délaisser les études pour s’afficher sur les couvertures de magazines.

 

Classe mannequin

A 18 ans, la jeune étudiante en droit de l’université de Pérouse, en Italie, finance ses études comme mannequin dans des défilés locaux. Elle est vite repérée par l’agence Elite, à Milan. On la voit au début des années 1990 sur des affiches Dolce & Gabbana. Mais la belle Italienne ne considère pas sa plastique comme une fin en soi et décide de s’orienter vers la comédie. Monica Bellucci prend donc des cours de théâtre. Premier passage devant la caméra : Vita coi figli (La vie avec les fils), en 1990. Elle enchaîne avec une production américaine de haut vol: le Dracula (1993) de Francis Ford Coppola, où elle interprète une des jeunes maîtresses du vampire joué par Gary Oldman, aux côtés de Keanu Reeves et Winona Ryder. Un premier rôle international, certes, mais modeste : il en faudra un peu plus pour ouvrir les portes d’Hollywood.

 

Vidéo : Monica Bellucci dans Dracula

 

 

Comme le cinéma italien s’exporte peu, Monica se sent à l’étroit dans sa botte. Elle décide de rejoindre l’Hexagone. C’est Gilles Mimouni qui la fait entrer dans son Appartement (1996). Son premier film en France, en 1996, est aussi celui de la révélation : Monica Bellucci est nommée aux césars dans la catégorie meilleur espoir féminin. Un film d’auteur réussi, qui a permis la rencontre entre l’actrice et son futur compagnon, le Français Vincent Cassel, qui l’entraîne avec lui dans le casting de Dobermann, de Jan Kounen (1997). Le film, véritable bombe en France, lui permet de se construire une image d’actrice multifacettes et de détacher ses personnages de sa plastique. Du moins, c’est le message qu’elle semble vouloir faire passer. Une posture qui lui permet de recevoir des propositions hors normes.

 

Vidéo : Monica Bellucci dans Dobermann

 

 

Belle et rebelle

 

En France, elle assied son succès populaire en étant à l’affiche de très grosses productions. En 2001, elle campe Sylvia dans Le pacte des loups de Christophe Gans, au côté de Samuel Le Bihan. Près de trois millions de spectateurs iront voir le film.  Mais la vraie reconnaissance, Monica Bellucci l’obtient l’année suivante, grâce à son rôle dans Astérix et Obélix : mission Cléopâtred’Alain Chabat  («son» César empereur romain). Plus de quinze millions de spectateurs la voient interpréter la reine d’Egypte au nez légendaire. Plus sexy que jamais dans des robes très décolletées, Monica Bellucci allie humour et beauté avec un plaisir non dissimulé. L’actrice a le physique de l’emploi. Un regard en amande, et un nez... Bellucci y est d’une froideur parfaite, qui tranche avec l’humour délirant du film

Puis elle rejoint à nouveau Keanu Reeves dans les deux derniers volets de la trilogie Matrix des frères Wachowski, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions (2003). Toute de latex vêtue, Monica Bellucci y incarne Perséphone, personnage rebelle, mais se trouve un brin réduite à la beauté de service. Autre proposition de prestige, celle de Bruce Willis pour jouer le rôle d’un médecin en mission humanitaire au Nigeria (Les larmes du soleil). La liste ne s’arrête pas là : en 2004, Mel Gibson lui offre le rôle de Marie Madeleine dans La passion du Christ, et Spike Lee la met en boîte dans She Hate Me. L’année suivante, Terry Gilliam fait d’elle une reine ensorcelante dans les Frères Grimm. De beaux noms, mais souvent des films critiqués et peu rentables.

 

Vidéo : Bande-annonce du Pacte des loups

 

 

Une carrière irréversible

Il semble en effet que l’actrice, une des «people» les plus appréciées des magazines, soit davantage plébiscitée par le public pour son physique que pour ses talents devant la caméra. Ou que le même public semble la préférer lorsqu’elle prend des risques, comme en 2002 dans Irréversible. Ce film de Gaspar Noé bouleversa Cannes pendant plusieurs jours, notamment pour la scène de viol – insoutenable pour beaucoup de spectateurs – on ne peut plus explicite et violente. Monica Bellucci assume totalement ses choix. Et celui d’Irréversible lui a permis d’entrer dans le cercle des actrices respectées pour leur audace, à la manière d’une Béatrice Dalle. Elle montre aux réalisateurs qu’elle peut interpréter des rôles à contre-emploi.

 

Vidéo : Bande-annonce d’Irréversible

 

 

La popularité de l’Italienne étonne cependant au regard de sa filmographie : en France, des films d’auteur à faible audience, à l’étranger, des blockbusters soit ignorés (Malena, son retour aux sources de l’histoire italienne, en 2000, est resté transparent), soit controversés (La passion du Christ). Sa célébrité et le culte autour de sa personne reposent donc sur un mythe. Une présence ponctuelle dans les médias, un sourire lors des grands rendez-vous (à Cannes notamment, dont elle fut maîtresse de cérémonie en 2003 et membre du jury en 2006).

En 2008, elle joue dans Une Histoire italienne (Marco Tullio Giordana), son quarante-troisième film. Elle y incarne Luisa Ferida. Compagne de l’acteur Osvaldo Valenti depuis 1939, cette comédienne menait une vie désordonnée. Actrice dans des films d’allégeance fasciste, dans lesquels elle jouait des personnages plutôt sombres, sa vie à la ville avec Osvaldo Valenti était tout aussi noire. Quand l’Italie est divisée en deux, après l’armistice du 8 septembre 1943, le couple se rangea du côté de la République sociale italienne dite République de Salò, régime politique établi par Benito Mussolini en Italie du centre et du nord, alors contrôlée par la Wehrmacht. Quelques jours avant la Libération, ils se livrent aux partisans et nient toute compromission. Mais le Comité de libération veut une punition exemplaire : les deux acteurs ont joué pour le régime de Mussolini, collaboré et torturé. Ils devront tous deux payer pour ce qu’ils ont fait. L’histoire de ces deux personnages est emblématique du régime fasciste, de sa gloire à son effondrement. Un rôle original et inhabituel pour Monica Bellucci.

Chacune de ses apparitions cinématographiques attire les médias sur des petits projets. Mais il semble que son nom soit plus vendeur pour les magazines que pour les films. La carrière de Monica Bellucci ressemble à celle d’un autre mannequin actrice, Laetitia Casta. Même allure pulpeuse, même propension à aider des petits films, mais même absence d’un grand film qui puisse asseoir sa carrière.

 

Vidéo : Monica Bellucci dans Maléna

 

 

Une vie paisible

Aujourd’hui, Monica Bellucci alterne mode et cinéma. Egérie de Cartier depuis près de dix ans, elle prête aussi son image à la marque Dior. Maman de deux petites filles, elle a gardé sa silhouette méditerranéenne. L’Italienne avoue ne pas être une obsédée des régimes. «Je respecte mon corps, c’est lui qui me fait vivre», déclarait-elle en 2005. D’où l’importance de le protéger, et notamment des regards indiscrets.

 

Vidéo : Bande-annonce d’Un été brûlant

 

 

Le couple qu’elle forme avec Vincent Cassel, souvent repris sur grand écran (comme dans Agents secrets de Frédéric Schoendoerffer, en 2004) est une proie privilégiée des magazines people. Pourtant, Monica Bellucci sait rester discrète sur sa vie privée et n’est pas connue pour ses frasques en soirée. En 2013, l'actrice se sépare de son compagnon après 18 ans de vie commune

Partageant sa vie entre Londres, l’Italie, les Etats-Unis et, bien sûr, Paris, au gré des tournages (les siens et ceux de Vincent Cassel), Monica Bellucci sait combien elle doit à la France. C’est ici qu’elle a sa carrière, sa famille et sa notoriété. Ces dernières années, Monica Bellucci a encore tourné à de nombreuses reprises avec des réalisateurs français, de Bertrand Blier pour Combien tu m’aimes ? (2005) à Guillaume Nicloux pour Le concile de pierre (2006) en passant par Alain Corneau pour Le Deuxième souffle et Philippe Garrel (Un Été brulant).

 

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