Avec «Tant pis pour l’amour», Sophie Lambda démasque les manipulateurs et autres pervers narcissiques

«Tant pis pour l’amour. Ou comment j’ai survécu à un manipulateur» est la première bande-dessinée de Sophie Lambda, publiée le 25 septembre dernier aux éditions Delcourt.[© Editions Delcourt ]

Publiée aux éditions Delcourt le 25 septembre dernier, «Tant pis pour l’amour. Ou comment j’ai survécu à un manipulateur» est la première bande-dessinée de Sophie Lambda, de son vrai nom Melissa Pedretti.

Trois cents pages dans lesquelles cette jeune trentenaire décortique, non sans humour, sa relation passée avec un pervers narcissique et fournit les clefs pour les démasquer. Une touchante introspection, qu’on peut également qualifier d’utilité publique.

Un jour, Sophie rencontre Marcus. Et cela aurait pu être le début d’un conte de fée ou en tout cas, d’une très belle histoire d’amour, comme on en rêve tous. En apparence, ce Parisien a toutes les qualités d’un prince charmant. Il a toujours ce petit mot qui encourage, ce geste qui réconforte et, contrairement à un certain nombre de ses congénères, il n’a pas peur de l’engagement. Ce qui le rend irrésistible aux yeux de Sophie. Et cela se passe tellement bien, que Sophie quitte Montpellier pour Paris, où elle emménage. Jusque-là RAS. Sauf que tout bascule. 

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Au-delà de son histoire, Sophie Lambda offre à ses lecteurs un guide théorique et pratique, dans les cent dernières pages, pour débusquer les manipulateurs (-rices). Car, comme le rappelle l’auteure que nous avons eu la chance de rencontrer, «il n’y a de profil type, homme ou femme, hétéro ou homosexuel, jeune ou vieux, tous sont concernés».

«Je crois aux vertus du dessin»

Illustratrice de profession, Sophie a entrepris l’écriture de ce livre non pas pour étaler au grand jour l’histoire avec son ex, mais «pour parler de cette catégorie de personne», car elle le dit elle-même, il n’est pas un cas isolé. «Quand j’ai commencé à en parler autour de moi, j’ai reçu tellement de témoignages de personnes qui évoquaient exactement le même comportement que lui», explique-t-elle au point qu’il était devenu nécessaire de «parler de ces gens-là». Car elle en est sûre aujourd’hui : «si j’avais été prévenue avant de le rencontrer, je n’aurais certainement pas vécu la même histoire». «Ainsi, j'ai décidé de dessiner le livre que j'aurais aimé avoir dans les mains».

Elle a attendu d’avoir fait le point sur sa relation pour la mettre «dans des cases».  Un travail d'introspection long et complexe. «Il fallait rendre intelligible quelque chose que moi, j’avais vécu comme très flou. Le plus dur était donc de comprendre tout ce qu’il s’était passé, pour l’expliquer», indique-t-elle. A 33 ans, et surtout avec plusieurs années dans le monde de l'illustration derrière elle, Sophie en est convaincue : «je crois aux vertus du dessin et aux messages que l’on peut faire passer grâce à lui, grâce au côté ludique et populaire de la bande-dessinée».

En effet, ce livre aurait très bien pu être un énième livre de développement personnel, comme il y en a tant sur le sujet dans les rayons des librairies. Pourtant, ce n’est pas absolument pas le cas. Se basant sur ses observations personnelles, Sophie a engagé un important travail de recherche, notamment dans la littérature anglo-saxonne. «La plus value que j’ai essayé d’apporter avec ce livre, c’était d’adapter ces concepts en français pour pouvoir mettre des mots sur ce que l’on a vécu, sans obliger le lecteur à lire quatre bouquins sur le sujet», explique-t-elle, ajoutant que «le dessin permet d’être efficace et d’aller droit au but».

Un travail de Recherche

Cette vulgarisation est permise grâce à des analogies pensées par Sophie, et aidant grandement la lecture et la compréhension. L’auteure nous offre un véritable bestiaire. Du requin-bourreau, au phoque-victime en passant par la méduse stoïque, tous témoignent du procédé mis en place par le manipulateur pour piéger sa proie. Simple et divertissant.

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Pour ce travail de recherche, Sophie Lambda s'appuie sur une large bibliographie, que le lecteur pourra s'il le souhaite consulter à la fin de l'ouvrage. Une travail qu'elle n'a pas hésité à faire relire par deux psy et une thérapeute, afin de s'assurer de la véracité de ses propos. Contrat rempli puisque depuis sa publication, le mois dernier, les retours du monde soignant conforte Sophie dans le bien-fondé de son livre. «Ma BD a été super bien accueillie, elle a été achetée par certains psy, qui eux-mêmes l'ont conseillée à certains de leurs patients».

Si après la lecture de «Tant pis pour l’amour», vous avez encore besoin d'un conseil pour sortir d'une relation avec un manipulateur - l'auteure vous dirait : «Cassez-vous !». Un livre à offrir à toutes les personnes de votre entourage, qui pourraient être sous l'emprise d'un individu violent psychiquement ou physiquement.

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