Jean-Paul Dubois remporte le Prix Goncourt 2019, le Renaudot à Sylvain Tesson

Jean-Paul Dubois a remporté le Prix Goncourt 2019 pour «Tous les hommes n'aiment pas le monde de la même façon» (éd. de l'Olivier) Jean-Paul Dubois a remporté le Prix Goncourt 2019 pour «Tous les hommes n'aiment pas le monde de la même façon» (éd. de l'Olivier)[Alain JOCARD / AFP]

Jean-Paul Dubois succède à Nicolas Mathieu («Leurs enfants après eux», éd. Actes Sud) et remporte le prix Goncourt 2019 avec son magnifique «Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon» (éd. de l'Olivier).

L'auteur n'en est pas à son coup d'essai et a déjà remporté plusieurs grands prix littéraires prestigieux dont le prix femina et le prix du roman Fnac pour «Une vie française» (éd. de l'Olivier) en 2004.

Journaliste, il commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest avant de s'attaquer à la justice et au cinéma pour Le Matin de Paris. Il devient grand reporter pour Le Nouvel Observateur en 1984. Ecrivain, il ne cesse d'observer à la lope les Etats-Unis et publie de nombreux romans se déroulant Outre-Atlantique.

De quoi parle donc ce «Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon» ?

En prison pour une raison inconnue, Paul Hansen purge sa peine à Montréal depuis deux ans. Six mètres carrés à partager avec Horton, un gros bonnet des Hells Angel. Protégé par son compagnon de chambrée, Paul (le prénom préféré de l'auteur pour ses héros de papier) a tout le temps de penser à sa vie et à ceux qui lui manquent. Auparavant concierge dans la résidence Excelsior, il se remémore cette vie à aider les plus malheureux avant que le gérant du lieu ne change et que les conflits n'éclatent. Paul repense également à la femme de sa vie, mais aussi simplement à son chien, son enfance et ses parents. Peu à peu, on comprend alors que cette vie que l'on pressentait heureuse a basculé subitement, et on assiste, impuissant, à la chute d'un homme.

Amoureux de littérature américaine, et notamment des livres de John Updike et de Jim Harrison, Jean-Paul Dubois installe son roman au creux des grands espaces et livre un texte emprunt tout autant de mélancolie que d'humour. L'auteur de «Kennedy et moi» (Prix France Télévisions) et d'«Une vie française» (Prix Fémina) donne à lire cette petite musique douce que ses fans apprécieront ici plus que jamais. Amour, amitié, injustice... L'humaniste qu'est Jean-Paul Dubois aborde avec bienveillance quelques thèmes forts, avec ce petit sourire en coin qui reste sa marque de fabrique. Et comme à chaque fois, lorsqu'on referme un livre de Jean-Paul Dubois, on a du mal à laisser les héros partir.

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«Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon», Jean-Paul Dubois, éd. de l'Olivier, 256 p., 19 €

Sylvain Tesson remporte le Prix Renaudot pour sa «Panthère des neiges» aux éditions Gallimard

Sorte d'anti-Goncourt, le Prix Renaudot est remis quelques minutes seulement après le célèbre Prix Goncourt. Contrairement au très pointilleux jury Goncourt, celui du Renaudot peut se permettre toutes les folies comme celles de cette année (mais ce n'est pas une première) : couronner un livre qui n'était pas dans la liste et sacrer un récit de voyage plus près du manifeste écolo que du roman.

Dans «la Panthère des neiges», Sylvain Tesson raconte son expédition au Tibet en compagnie du photographe Vincent Munier. Dans des températures bien loin des 0 degrés celsius, les deux hommes partent à la recherche de la mythique panthère des neiges. On y apprend toute l'humilité qu'il manque aux hommes face à une nature qui aime et excelle à se cacher d'eux. En couronnant Sylvain tesson, le jury du Renaudot a pris le parti d'accompagner un livre déjà en tête des ventes.

«La panthère des neiges», Sylvain Tesson, éd. Gallimard.

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