Goncourt, Renaudot... Quand sont remis les prix littéraires et que gagnent les lauréats ?

Jean-Paul Dubois a remporté le Prix Goncourt 2019 pour «Tous les hommes n'aiment pas le monde de la même façon» (éd. de l'Olivier) [ Crédit Alain JOCARD / AFP ]

Comme chaque rentrée scolaire, la saison des Prix est lancée avec l'annonce de plusieurs premières sélections. Goncourt, Renaudot, Femina, Interallié... Quand sont rendus les plus prestigieux ? Que récompensent-ils ? Les auteurs reçoivent-ils de l'argent ? Est-ce qu'un prix influence les ventes ?

En perte de vitesse depuis plusieurs années, la rentrée littéraire est tout de même la période la plus propice pour le monde de l’édition, tout comme Noël qui voit repartir à la hausse les ventes des livres de lauréats de l’automne. Si le prix Nobel de littérature rapporte 880 000 euros à son récipiendaire, les ventes de «Prix Nobel» se montrent finalement relativement confidentielles. Même avec un faible pourcentage de droits sur leurs livres (environ 10%), les lauréats ont donc presque plus à gagner avec ce genre de prix qu’avec un très prestigieux Prix Nobel.

le Grand Prix du roman de l’Académie Française

Créé en 1914, le grand Prix du roman de l'Académie Française ouvre chaque année le bal des Prix littéraires de l’automne. Une commission d’une douzaine d’académiciens établit deux sélections successives (d’une dizaine puis de trois noms) avant d’annoncer son lauréat.

Il a été décerné le 31 octobre 2019 à Laurent Binet pour «Civilizations» (éd. Grasset).

La dotation est de 10.000 euros.

Entre 2012 et 2016, un «Grand Prix de l'Académie française» se vendait en moyenne plus de 240 000 exemplaires.

le Prix Goncourt

Créé en 1903, Le Prix Goncourt est composé de dix membres et rend son verdict chaque année au restaurant Drouant après trois sélections : une première (qui a déjà eu lieu) de quinze noms, puis huit noms, puis quatre noms. Pour participer, l'ouvrage doit être un roman écrit en français et édité par un éditeur francophone ayant un circuit de distribution en librairie. 

Jean-Paul Dubois l'a remporté en 2019 pour son roman «Tous les hommes n'aiment pas le monde de la même façon» (éd. de l'Olivier).

Le vote est oral et au cours des dix premiers tours, le prix ne peut être attribué qu’à la majorité absolue. Du onzième au treizième tour, la majorité relative suffit. En cas d’égalité, la voix du président compte double au quatorzième tour. 

Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Une seule exception : Romain Gary, Goncourt 1956, qui l'a reçu une seconde fois, en 1975, alors qu'il écrivait sous le pseudonyme d'Emile Ajar.

La dotation de 10 euros est symbolique car le Goncourt fait énormément vendre en France et les traductions à l’étranger deviennent assurées. Entre 2012 et 2016, un «Goncourt» se vendait en moyenne à 345 000 exemplaires.

Le lauréat 2019 sera dévoilé le 4 novembre.

 

Le Prix Goncourt des lycéens

Près de 2000 élèves âgés de 15 à 18 ans lisent et sélectionnent les romans de la liste du Goncourt. Les élèves ont deux mois pour lire ces romans, avec l'aide des enseignants. Pendant cette période de lecture, sept rencontres régionales sont organisées entre auteurs et lycéens. A l'issue de l'étude de ces livres, les classes élisent un délégué pour défendre leur tiercé de livres gagnants au niveau régional. Une finale se tient ensuite à Rennes (berceau du prix) en huis clos.

Le Prix Goncourt des lycéens 2019 sera attribué le 14 novembre.

Selon l’institut de marketing GFK, c’est le «Goncourt des lycéens» qui entraîne le plus de retombées commerciales. Entre 2012 et 2016, un «Goncourt des lycéens» se vendait en moyenne à 395 000 exemplaires.

Le Prix Renaudot

Sorte d’anti-Goncourt, le Prix Renaudot a été créé en 1925 par dix critiques littéraires attendant la délibération du Goncourt au restaurant parisien Drouant. C’est en 1926 que le premier Prix Renaudot a été rendu.

La présidence de ce prix est tournante. Deux livres sont, chaque année, désignés dans un premier temps afin d'éviter qu’un lauréat qui aurait gagné le Prix Goncourt quelques minutes avant, ne reçoive également le Prix Renaudot.

Un Prix Renaudot n'est accompagné d'aucune dotation.

Entre 2012 et 2016, un «Renaudot» se vendait environ à 220 000 exemplaires.

Il a été attribué le 4 novembre 2019 à Sylvain Tesson pour «La panthère des neiges» (Gallimard).

LE PRIX FEMINA

Créé en 1904 par 22 collaboratrices du magazine «La vie heureuse», soutenu par le magazine «Femina», le Prix Femina s’appelait au départ le «Prix vie heureuse» et avait créé en réaction à l’attribution systématiquement masculine du Prix Goncourt.

Le Prix Femina récompense une œuvre de langue française écrite en prose ou en vers.

Aucune dotation n’est prévue pour le lauréat du Femina.

Le Prix Femina a été attribué en 2019 à Sylvain Prudhomme pour «Par les routes» (Gallimard) dans la catégorie romans français, le Femina étranger a été décerné à Manuel Vilas pour «Ordesa) (éd. Sous-sol). Le Femina essai 2019 est revenu, lui, à Giorgio Furioso d'Emmanuelle Lambert (Stock).

Chaque année, entre 40 000 et 100 000 exemplaires du «Fémina» sont vendus.

le Prix Interallié

Le prix Interallié a été créé en 1930 par une trentaine de journalistes qui déjeunaient au Cercle de l’Union interalliée à Paris, lors de l’attente des délibérations du Femina.

Composé de dix journalistes masculins, le prix récompense un roman écrit par un journaliste. Une exception : Michel Houellebecq l’a reçu en 2005 pour son roman «La possibilité d’une île» (Fayard).

Le Prix Interallié n’est accompagné d’aucune dotation.

Le Prix Interallié est rendu le 13 novembre 2019.

Chaque année, entre 40 000 et 100 000 exemplaires de l'«Interallié» sont vendus.

Le Prix Médicis

Fondé en 1958 par Jean-Pierre Giraudoux, fils du célèbre auteur de «La Guerre de Troie n’aura pas lieu», le Prix Médicis récompense un roman, récit ou recueil de nouvelles dont l’auteur est encore confidentiel.

Le jury, composé de huit personnes, remet son prix plus ou moins deux jours après le Prix Femina.

La dotation s’élève à 686 euros.

Le Prix Médicis a été annoncé le 8 novembre 2019 : dans la catégorie romans français, Luc Lang pour «la Tentation» (Stock) a été couronné.

Chaque année, entre 40 000 et 100 000 exemplaires du «Médicis» sont vendus.

Le Prix de Flore

Fondé en 1994 par l’écrivain et journaliste Frédéric Beigbeder, le jury du Prix de Flore est composé de journalistes et récompense un jeune talent. Les critères de sélection sont «l’originalité, la modernité, la jeunesse».

La dotation s’élève à 6150 euros et un verre de Pouilly fumé au nom du lauréat à déguster au Café de Flore tous les jours pendant un an.

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