La ministre de la Culture Roselyne Bachelot s'est exprimée ce mardi 5 janvier sur la situation du monde de la culture. L'idée d'une réouverture des lieux culturels au 7 janvier prochain n'est désormais plus d'actualité. Avançant, avec moult précautions quelques pistes, elle laisse augurer d'une rentrée en berne pour le secteur.
Invitée dans l'émission RTL Soir de Thomas Sotto, elle est revenue sur la date du 7 janvier prochain qui, le 10 décembre dernier, avait été évoquée par le Premier ministre Jean Castex comme possible date de réouverture des salles de spectacle, des musées et des cinémas. «Nous avons parlé d'une clause de réouverture pour constater l'état sanitaire du pays. Il n'a jamais été question de réouvrir le 7 janvier». Elle a par ailleurs précisé que les effets des fêtes de Noël sur l'évolution de la pandémie en France ne seraient connues que ce jeudi, jour où le Premier ministre Jean Castex doit s'exprimer sur la situation sanitaire dans l'Hexagone. Pour les effets du Nouvel an, considéré comme plus à risque, il faudra attendre le 15 janvier.
Aucune chance donc pour que les lieux culturels puissent rouvrir à cette date. «Nous n'avons pas de visibilité sur la situation, je ne peux donc rien promettre», a répété à plusieurs reprises la ministre. Si elle a précisé qu'elle allait de nouveau rencontrer les différents acteurs du domaine, le 8 janvier prochain, avec la volonté de « bâtir un modèle résiliant qui permettrait de surmonter les vagues de la crise», elle a souhaité «réconcilier le monde de la culture et les scientifiques, et que ces deux mondes se parlent». L'objectif : « rouvrir pour de bon, et en finir avec le système du stop and go», qui avait fini au fil des semaines par désespérer le secteur à force d'adaptations, de reprogrammations, puis de fermeture.
La primeur de la réouverture aux musées et aux sorties éducatives
A la question lancinante de l'équité, évoquée par Thomas Sotto, entre les lieux de culte, qui sont ouverts, et les lieux de culture toujours fermés, Roselyne Bachelot a expliqué que l'on manquait « d'éléments objectifs scientifiques solidement établis pour garantir une sécurité absolue». La lenteur de la prise de décision dans ce domaine viendrait du manque de données scientifiques, qui selon la ministre sont en train d'être constituées rapidement, y compris en collectant des statistiques à l'étranger.
Si la mise en place d'un agenda précis pouvant rassurer le monde de la culture semble impossible en ce moment, la ministre a toutefois avancé que «dans le modèle résiliant que l'on veut mettre en place, dans un calendrier glissant, les musées pourraient être les premiers à rouvrir». Répondant ensuite à la question d'un auditeur qui évoquait les sorties culturelles scolaires, elle a lié ces deux domaines - musées et sorties scolaires - pour en faire les deux priorités d'un éventuel agenda de réouverture du secteur.
Concernant les indemnisations et le soutien financier apportés au secteur, Roselyne Bachelot s'est voulue rassurante : « Nous avons développé des dispositifs qui n'existent nul part ailleurs dans le monde. Nous allons permettre au secteur culturel de traverser cette crise de la meilleure façon. Jamais il n'y a eu autant d'argent pour le secteur dans le pays».