L'actrice belge Émilie Dequenne est morte ce dimanche, à l'âge de 43 ans, des suites d'un cancer rare et invasif. Elle avait été révélée en 1999 dans le film «Rosetta».
Un décès tragique. L'actrice belge Émilie Dequenne a succombé ce dimanche 16 mars, à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, en banlieue parisienne, à un cancer rare et très invasif, à seulement 43 ans. Une disparition annoncée dans la soirée par la famille de la comédienne et son agente Danielle Gain à l'AFP.
Elle avait révélé sur les réseaux sociaux en octobre 2023 être atteinte d'un corticosurrénalome, un cancer du système endocrinien, diagnostiqué deux mois auparavant, et qui l’avait obligée à s’éloigner des plateaux de cinéma. En août dernier, Emilie Dequenne avait déclaré devoir «se concentrer à nouveau sur (sa) santé» et annuler ses obligations. La comédienne était apparue sur le tapis rouge au Festival de Cannes quelques mois plus tôt, souriante, les cheveux courts et fins à cause de son traitement, pour les 25 ans de «Rosetta» des frères Dardenne et pour présenter son dernier film au titre symbolique, «Survivre». «En plus, je combats des crabes. Et j'ai tourné ça en octobre-novembre 2022 !», un an avant de tomber malade, avait-elle plaisanté à propos de ce film catastrophe.
En décembre dernier, lors d’un entretien dans l’émission «Sept à Huit» sur TF1, celle que le public français appréciait tant, avait confié savoir qu’elle ne vivrait pas «aussi longtemps que prévu». Elle avait en effet connu une rechute, après une rémission. Son cancer était une tumeur maligne de la glande surrénale, pour lequel le pronostic est d'autant plus sombre que cette tumeur est grande.
Une actrice revendiquait ses origines modestes
Née le 29 août 1981, Emilie Dequenne était une enfant précoce. «A 2 ans, je parlais comme une adulte. A 8, maman me mettait dans un cours de théâtre parce que je chantais sur les tables», expliquait celle qui a passé ses premières années dans la province belge du Hainaut, où «il fallait faire 25 kilomètres pour aller voir un film». Après une seule audition, elle a décroché son premier rôle au cinéma dans le drame «Rosetta», des frères Dardenne, qui lui avait valu le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1999, à seulement 18 ans.
Maman à 20 ans d’une petite Milla, l’actrice qui a grandi dans un milieu modeste, savait d'où elle venait et aimait le rappeler. «J'ai reçu une éducation ouvrière, dans le respect du travail bien fait. J'ai été élevée dans une famille où on mettait tout le monde au même niveau, tous des rois !», lançait-elle à la sortie de «Pas son genre» (2014), où elle jouait une coiffeuse provinciale qui tombait amoureuse d'un prof de philo parisien.
Tout au long de sa - trop courte - carrière, Emilie Dequenne a tourné dans 50 films, dont «La fille du RER» (2009), «À perdre la raison» (2012), pour lequel elle avait été récompensée d’un autre prix d'interprétation à Cannes dans la section Un certain regard, ou «Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait», pour lequel elle a reçu le César du meilleur second rôle en 2021.