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«Michael» : on a vu le biopic événement sur le roi de la pop, et voici ce qu'on en a pensé

Le biopic «Michael» dédié au chanteur décédé en 2009, qui a suscité de nombreuses interrogations, sort ce mercredi. Le rendu aseptisé et sans profondeur décevra de nombreux fans. 

Le roi de la pop renaît de ses cendres. Après Amy Winehouse, Freddie Mercury, Elvis Presley ou encore Bob Dylan, Michael Jackson n’échappe pas à la règle et a droit lui aussi à son biopic, sobrement intitulé «Michael», dont la sortie est attendue au cinéma ce mercredi 22 avril après avoir été maintes fois repoussée. 

Réalisé par Antoine Fuqua, à qui l'on doit notamment «Equalizer» et «La Rage au ventre», et écrit par John Logan, le long-métrage présente un «regard intime» sur la vie du jeune prodige des Jackson Five et «l'héritage laissé par l'un des artistes les plus influents et les plus novateurs que le monde ait jamais connus», comme le souligne le synopsis. On découvre un gamin au talent de chanteur indéniable né en 1966 à Gary, dans l’Indiana, aux Etats-Unis, et sous le joug d’un père tyrannique et violent qui lui assène des coups de ceinture et des remarques cinglantes sur son «gros nez» notamment. Le redoutable Joe Jackson, incarné par Colman Domingo, dirige ses fils d’une main de fer et transforme les «Jackson Five» en une aventure extrêmement lucrative. 

Isolé et n'ayant que pour seule interaction sa famille, le jeune Michael, qui se rêve en Peter Pan et a pour meilleur ami un chimpanzé, enchaîne les tubes et les pas de danse, dont son célèbre Moonwalk inspiré du mime Marceau. Avec son clip «Thriller» entré dans les annales, il devient le premier artiste afro-américain à être mis en avant sur MTV. Lors de ses concerts joués à guichets fermés, les fans crient, pleurent ou s’évanouissent dès lors qu’il apparaît. Et à ses côtés, le producteur Quincy Jones, à l’origine de plusieurs de ses tubes, qui aurait mérité une place plus importante dans le récit. 

Une œuvre à la gloire de «MJ»

Le biopic s’attarde aussi sur l’enregistrement d’une publicité pour la marque de sodas Pepsi en janvier 1984, pendant laquelle la star a vu sa chevelure prendre feu. Brûlé au deuxième et au troisième degré, «MJ» a tenu à remonter rapidement sur scène et à profiter de cet événement pour amorcer son émancipation, avec une annonce retentissante lors d’un dernier concert avec les Jackson Five à Los Angeles. Mettant fin au contrat avec son paternel, le voilà désormais «libre» de profiter de son statut de star planétaire. En témoigne son entrée dans le stade de Wembley à l’occasion de sa tournée «Bad» en 1988, qui marque par ailleurs la fin du film, se soldant par un surprenant : «Son histoire continue».

Le réalisateur et l’équipe de production - majoritairement composée de la famille Jackson et des exécuteurs testamentaires du chanteur, John McClain et John Branca - se donnent donc le droit de donner une suite à une première partie qui aura coûté 200 millions de dollars. A la condition, peut-être, que les recettes atteignent les 700 millions de dollars escomptés par le distributeur Lionsgate. 

Selon le producteur Graham King, ce second opus s’intéresserait sur le développement des albums «Dangerous» et «Invincible», sortis respectivement en 1991 et 2001, et sur «Neverland», cette propriété de plus de 1.000 hectares que Michael Jackson a achetée dans les années 1980. Mais alors qu’en est-il des diverses polémiques qui ont fragilisé l’artiste, dont les accusations d’agressions sexuelles à l’encontre d’enfants et d’adolescents ? 

Si la prestation de Jaafar Jackson, le neveu du roi de la pop qui a été choisi pour l’incarner, n’est pas honteuse, elle n’excuse pas tout. Ce biopic nous donne la désagréable impression d’avoir passé deux heures au musée Grévin, tant le résultat est lisse, aseptisé et sans saveur. Si ce n’est le plaisir de réécouter quelques titres emblématiques. 

Englué dans une production supervisée par le clan Jackson, le réalisateur semble ne pas avoir eu d’autres choix que de signer une œuvre à la gloire de Michael, balayant toutes les ombres d’ombre de ce dernier. Une partie du film aurait même été abandonnée à la demande des proches afin d’éviter d’évoquer les ennuis judiciaires de l’artiste décédé le 25 juin 2009, à l'âge de 50 ans, des suites d'un surdosage de Propofol. Antoine Fuqua a par conséquent été obligé de revoir sa copie et propose une histoire édulcorée peu crédible, bien loin de la réalité.  

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