L'été arrive et, avec lui, l'envie de se plonger dans un bon roman feel good, ces livres qu'on referme avec le sourire et l'envie de croquer la vie à pleines dents. Ils racontent les hasards de l'existence, les amitiés qui réparent, les amours qui renaissent et ces chemins de traverse qui mènent parfois au bonheur. Voici notre sélection.
«Danser sur les volcans», de Laure Manel

Une ode aux femmes et à la nature. Dans «Danser sur les volcans», Laure Manel réunit huit héroïnes que tout oppose, propulsées ensemble sur les routes d’Islande par une agence spécialisée dans le voyage «au féminin». Il y a Rose et Lou, le duo mère-fille, Stéphanie, célibataire sans enfant, Sarah et Chloé, les deux jeunes Parisiennes, Delphine, la quinquagénaire casanière, Carole, la prof de yoga, et Nadine, la doyenne et retraitée, chacune portant dans ses bagages ses fêlures, ses doutes et ses espoirs. Autant de personnalités contrastées qui, d'abord, se heurtent, avant de s’apprivoiser. Un roman choral envoûtant, qui célèbre la possibilité, à tout âge, de se réinventer. Disponible sur Audiolib, il se déguste aussi les yeux fermés sur un transat.
«Danser sur les volcans», Laure Manel, éd. Michel Lafon, 20,95€.
«Best Summer Ever», de Jessica Cunsolo

On peut aussi glisser sans hésiter dans sa valise «Best Summer Ever» de Jessica Cunsolo, alias Ava Violet. L'autrice y croque les liens familiaux, l'amitié et ces endroits qui deviennent des morceaux de nous-même. Pour Olivia et Jenna, cousines et meilleures amies, les vacances dans la maison familiale au bord du lac sont un rituel immuable. Mais cette année, tout bascule : l'une apprend que ce refuge chargé de souvenirs va être vendu, l'autre découvre l'infidélité de son petit ami. Entre désillusions, chagrins, rencontres et nouveaux départs, cet ouvrage feel good raconte ces étés charnières qui changent une vie et où tout semble possible. Il est de ces romans que l'on referme avec un sourire teinté de nostalgie.
«Best Summer Ever», Jessica Cunsolo, éd. Hachette Romans, 19€.
«Volare», de Serena Giuliano

Reprendre goût à la vie. Avec «Volare», Serena Giuliano livre un roman d’une grande délicatesse, où l’Italie sert de décor à une exploration intime de la santé mentale et plus particulièrement de la dépression, une maladie encore trop souvent mal comprise. Ambre, une conseillère d’apprentissage dans un collège et en apparence comblée, voit pourtant son quotidien s’effondrer sous le poids de ce mal invisible. Soutenue par l’amitié indéfectible de Manuela, elle s’envole finalement pour la Sicile pour entamer une sorte de «retraite spirituelle». C'est dans cette atmosphère, près d'un certain Giacomo, qu'elle amorce peu à peu sa reconstruction. La romancière italienne aborde ce sujet sérieux sans jamais alourdir le récit, en glissant même des touches d’humour bienvenues.
«Volare», Serena Giuliano, éd. Calmann-Levy, 18,90 €.
«Le Dernier Sanctuaire», de Josiane Balasko

Après les salles obscures et les planches, Josiane Balasko s'invite en librairies avec «Le Dernier Sanctuaire», son premier roman d'aventure. Direction la Louisiane, au cœur de montagnes sauvages où vivent les Protecteurs : onze hommes et femmes déterminés à protéger les derniers animaux sauvages. Leur équilibre vacille lorsque deux inconnues découvrent leur refuge. Tomassa, une vieille Indienne aveugle à la clairvoyance troublante, et Lucie, une jeune héritière fantasque bien moins naïve qu'elle n'y paraît. Ce récit dystopique mêle suspense, humanité et réflexion sur notre rapport au vivant. Une lecture addictive et plein d'espoir qui résonne comme un vibrant hommage à la nature.
«Le Dernier Sanctuaire», Josiane Balasko, éd. Calmann-Lévy, 20,90€.
«Là où le ciel murmure», de Laurence Peyrin

Avec Laurence Peyrin, les héroïnes ne se contentent jamais d’exister : elles se battent, vacillent, osent, s’émancipent. Après «La drôle de vie de Zelda Zonk», «L’Aile des vierges» et «Les Jours brûlants», la romancière poursuit son exploration des trajectoires féminines avec «Là où le ciel murmure». Cette fois, elle remonte le temps jusqu’en 1986 et nous entraîne à Key West, aux États-Unis. Freya, l’introvertie, et Danii, l’incandescente, fêtent leurs vingt ans en s’élançant sur la mythique Overseas Highway, en Floride. Cheveux au vent, elles prennent la route vers Cap Canaveral, comme une promesse de liberté, pour assister au tant attendu décollage de la navette Challenger. Sous le ciel brûlant et face aux eaux turquoise, les certitudes se fissurent, les silences s’alourdissent et l’amitié se fragilise à mesure que remontent les secrets, tandis que la navette spatiale explose en plein vol. Avec justesse, l’écrivaine confirme son talent pour mêler l’intime à l’Histoire.
«Là où le ciel murmure», Laurence Peyrin, éd. Calmann-Levy, 20,50€.
«Summer girls», d'Aurélie Gerlach

Pour beaucoup, l’été rime avec bains de soleil, beach-volley et soirées entre amis. Mais pour Charlotte, 16 ans, c’est surtout une épreuve à endurer, entre la foule sur les plages, le sable qui s’infiltre partout et la crème solaire qui colle à la peau. Réservée, elle préfère rester bien à l’abri dans sa coquille plutôt que se mêler à l’agitation estivale. Mais ça, c’était avant d'apprendre qu'elle pourrait rencontrer Declan Farlow, son auteur préféré, en remportant le concours de beauté «Miss Summer». Pour relever le défi, elle peut compter sur Skit, alias Ken surfeur. Relooking, fêtes sur la plage, nouvelles amitiés... Charlotte s’aventure peu à peu hors de sa zone de confort. Avec ce roman solaire, qui a pourtant été écrit en plein hiver sous la neige, Aurélie Gerlach signe une jolie quête de soi. C’est fluide, pétillant, tendre. Les pages sentent bon l’iode, les couchers de soleil et les premiers émois.
«Summer girls», Aurélie Gerlach, éd. Michel Lafon, 16,95€.