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Maid : de quelle histoire vraie la bouleversante série est-elle inspirée ?

La série de 10 épisodes tient les téléspectateurs en haleine, avec son intrigue déchirante. [RICARDO HUBBS/NETFLIX © 2021]

Drame social réaliste et poignant sur une mère qui quitte son compagnon violent et se retrouve sans domicile ni argent, Maid est basé sur un best-seller autobiographique.

La série suit Alex (très touchante Margaret Qualley), cette mère célibataire qui va se battre de toutes ses forces pour donner une vie équilibrée à sa fille de 2 ans. Totalement démunie du jour au lendemain, Alex se retrouve face à des situations kafkaïennes car comment faire, ne serait-ce que pour subvenir à ses besoins en nourriture, quand le gouvernement exige l’impossible pour accorder des aides sociales ? Comment trouver un logement alors qu’elle n’a pas de travail ? Comment se rendre au travail alors qu’elle doit garder sa fille puisque la garderie exige une adresse pour accueillir les enfants ? Ou encore comment se défendre face à un mari alcoolique et violent et qui, pourtant fauché, parvient à se payer un avocat pour réclamer la garde de leur fille ?

Série coup de poing, Maid est en fait basée sur les mémoires de Stephanie Land «Maid : Hard Work, Low Pay, and a Mother's Will to Survive» (que l’on pourrait traduire ainsi : « Femme de ménage : Dur labeur, bas revenu et la volonté d’une mère pour survivre »). Après que son livre soit devenu un best-seller (il s’est classé numéro 3 de la liste du New York Times dès sa sortie en 2019), Land a vendu les droits à Netflix, puis les producteurs John Wells (E.R., Shameless) et Margot Robbie (Birds of Prey; I, Tonya) ont travaillé à la fictionnalisation de son histoire, la série prenant parfois en effet quelques libertés avec le livre.

Amour maternel et résilience

Dans le bouquin, Land raconte son expérience personnelle en tant que femme de ménage gagnant péniblement 9 $ de l'heure pour subvenir aux besoins de sa jeune fille. À 28 ans, Land voulait aller à l'université pour commencer sa carrière d'écrivain mais est tombée enceinte après avoir fréquenté un homme pendant quatre mois. Finalement, elle et sa jeune fille ont été contraintes de trouver un refuge pour échapper à une relation abusive.

Lorsque Land a quitté son partenaire, elle n'avait pas le soutien de sa famille. Bien qu'elle soit d'abord restée avec son père, elle est partie quand lui aussi est devenu violent. Elle et sa fille ont atterri dans un refuge via une association. Pour payer le loyer, elle nettoyait des maisons dans la région de Seattle, sans indemnité de maladie ni jours de vacances, ni aucune manifestation d’humanité de la part de ses employeurs.

Land a, comme son double de fiction dans la série, rencontré des difficultés pour obtenir l'aide du gouvernement, ayant notamment du mal à remplir la paperasse sans fin exigée pour « prouver son éligibilité ». Comme Alex et sa fille dans la série, après quelques situations de logement différentes, Land et sa fille ont finalement emménagé dans un studio, où elles sont tombées malades à cause de la moisissure. Sans raconter la suite pour ne pas spoiler toute la série (qui mérite vraiment le détour), la « vraie » Land est quant à elle aujourd’hui remariée et mère de quatre enfants et travaille actuellement sur un nouveau roman intitulé Class, qui devrait sortir en 2022.

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des interprétations remarquables

Dans le rôle principal de la série Maid, on retrouve la talentueuse Margaret Qualley qui s’était fait connaitre du grand public dans le film Palo Alto, de Gia Coppola, puis en incarnant Jill Garvey dans la série HBO The Leftovers. La jeune femme s’était aussi illustrée dans une publicité Kenzo réalisée par Spike Jonze, pour laquelle elle avait mis à profit ses talents de danseuse, puis dans les films The Nice guys de Shane Black et  Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino, aux côtés de Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Margot Robbie.

La comédienne est la fille d’Andie McDowell, à qui elle donne justement la réplique dans Maid. L’actrice de Quatre mariages et un enterrement propose elle aussi une interprétation remarquable dans un rôle pourtant difficile, celui d’une mère atteinte de graves troubles bipolaires qui la déconnectent totalement de la réalité.

« C'était un cadeau, je dois dire. C'était vraiment une opportunité incroyable », confie Andie McDowell dans une interview avec Collider. L’actrice explique n'avoir pas hésité une seconde avant d'accepter ce rôle, très heureuse de pouvoir donner la réplique à sa fille : « J'étais en fait étonnée qu'elle veuille bien, parce que c'était vraiment important pour elle de faire sa propre route, sans aide, d'avoir son propre voyage d'actrice. Mais j'ai l'impression qu'elle se sent en sécurité désormais dans ce milieu, qu'elle est déjà reconnue, indépendamment de moi. Et du coup, qu'elle est à l'aise avec l'idée de travailler avec moi. Concernant son personnage, Andie McDowell a puisé dans sa propre expérience pour l’incarner : « J'ai eu des expériences personnelles avec la maladie mentale parce que ma mère a été diagnostiquée schizophrène juste après ma naissance et a subi des traitements de choc. Puis elle est rentrée à la maison pour être laissée seule. Il n'y avait pas tout le système de soutien actuel à l'époque. C'était juste gênant d'avoir une maladie mentale. Donc, j'ai grandi dans cet environnement vraiment fou, et Margaret le savait. Elle savait que je serais parfaite pour ce rôle. »

Mère et fille jouent ici en effet formidablement leurs partitions, et font de Maid une série aussi éprouvante qu’époustouflante, tant elle dépeint avec réalisme les galères des mères confrontées à la violence et aux difficultés financières, et à travers elles l’Amérique des marginaux et des oubliés, ces travailleurs de l’ombre qui meurent à petit feu en tentant simplement de survivre. Maid aborde aussi avec beaucoup de sensibilité la violence intra-familiale, et de quelle manière elle se transmet de génération en génération.

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