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A la folie : un téléfilm coup de poing sur les mécanismes de l’emprise dans le couple, avec Marie Gillain et Alexis Michalik

Le téléfilm montre comment s'installent de manière insidieuse les violences psychologiques. [Ade ADJOU/M6]

Alexis Michalik campe un pervers narcissique détruisant petit-à-petit sa compagne, incarnée par Marie Gillain, dans «A la folie», un téléfilm coup de poing sur le phénomène d'emprise dans le couple, réalisé d’après une histoire vraie par Andréa Bescond et Eric Métayer, à qui l’on doit le film Les Chatouilles.

Une histoire d’emprise, pour éveiller les consciences. Diffusé à 21h10 ce mardi sur M6, le téléfilm A la folie d'Andréa Bescond et Eric Métayer expose au grand jour les mécanismes du pervers narcissique et ses ravages. Outre Alexis Michalik,  acteur et metteur en scène des pièces Le Porteur d'histoire, Le Cercle des illusionnistes et Edmond, et Marie Gillain - dont la justesse d'interprétation ici lui a valu des prix à la Rochelle et au festival des Films de Demain - Nicole Ferroni et Ahmed Sylla font également partie du casting.

Le premier épisode s’ouvre sur une séquence choc. Une fête entre amis a lieu dans un jardin. L'ambiance est joyeuse. La discussion tourne autour d’une pique de corrida. Un des convives insiste pour que sa compagne se saisisse de l'objet. Cette dernière finit par le faire, avant de lui enfoncer dans la gorge.

Comment a-t-elle pu se livrer à un geste d’une telle violence ? C’est ce que va expliquer le reste du téléfilm avec en son cœur les violences psychologiques subies par la jeune femme. Devant l'enquêteur (Ahmed Sylla) chargé de l'affaire, qui lui demande pourquoi elle a fait ça, sa seule réponse est «Pour que ça s'arrête».

Réflexions, vexations, humiliations, dénigrements, privations, manipulations… On observe l'étau se refermer, et comment de manière très insidieuse, sa relation avec cet homme l'a isolée de plus en plus jusqu'à tout lui faire perdre. «Il y a un côté spectacle dans le pervers, il ne nous achève pas d’un coup. [...] C’est très compliqué de dire qu’on est sous emprise : souvent la victime passe pour une folle alors que c’est l’autre personne qui nous fait devenir folle», confie Eleonore Bauer, qui a écrit le scénario d'«A la folie» avec Guillaume Labbé, en s’inspirant de sa propre histoire.

Quadra divorcée, mère d’un ado, photographe de talent, Anna est lumineuse. Succomber au charme de Damien l'a lentement mais sûrement fait basculer en enfer.

UNE FICTION PRENANTE ET D’UTILITÉ PUBLIQUe

Victime d’un pédocriminel alors qu’elle était enfant (un traumatisme qu’elle avait traité avec le film Les Chatouilles), Andrea Bescond souhaite qu'«A la folie», qu'elle signe une nouvelle fois avec Eric Métayer, soit utile à une prise de conscience générale, pour les victimes, leurs proches, mais aussi les pouvoirs publics.

«Depuis ‘Les Chatouilles’, on est beaucoup investis dans le combat contre les violences. On est quotidiennement en lien avec des associations, des témoignages d’enfants, mais aussi des femmes victimes de violences. Tous ces mécanismes on les connait par coeur, et par la fiction on se dit que c’est notre arme pour parler du sujet et élever nos voix, aussi bien auprès du grand public et des victimes potentielles qui se reconnaitront peut-être, qu’auprès des avocats, magistrats et des pouvoirs publics pour qu’ils agissent enfin face aux failles énormes de ce système qui abandonne littéralement les victimes», confie Andrea Bescond.

«C’était important de dire que la justice est bloquée au niveau des lois. Il y a un problème de mentalité, mais il y a aussi un problème de loi qui amène à des classements sans suite. On a voulu montrer les failles du système juridique», ajoute Eric Métayer.

A noter que, diffusé dans le cadre d'une soirée spéciale, le téléfilm sera suivi de deux documentaires sur les violences conjugales.

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