Animé par une curiosité à toute épreuve, Philippe Labro s’est imposé dès son plus jeune âge comme une figure incontournable des médias français. Retour sur le parcours professionnel de cet homme aux multiples talents, décédé mercredi 4 juin à l’âge de 88 ans.
Un parcours exemplaire. Cinéaste de talent, écrivain reconnu, Philippe Labro était avant tout un homme de média, dont la carrière se révèle en tout point fascinante. Né à Montauban en 1936, il est âgé de 15 ans quand il remporte un concours de journalisme parrainé par Le Figaro qui lui permettra de devenir le rédacteur en chef du Journal des jeunes. Six ans plus tard, en 1957, il devient reporter chez Europe 1, après avoir remporté La Coupe des Reporters, une émission animée par Pierre Laforêt. L’année suivante, c'est le magazine Marie-France qui l'embauche pour y écrire les grands portraits.
En 1959, sa rencontre avec Pierre Lazareff, séduit par l’insolence de la plume de ce jeune journaliste, lui permet d’occuper le poste de grand reporter au sein de la rédaction de France-Soir, où il commencera par écrire des articles sur les sorties des films au cinéma, la vie mondaine parisienne, le Festival de Cannes, ou encore sur le Tour de France de 1959. Enrôlé pour la Guerre d’Algérie en 1960, il sera détaché comme journaliste militaire. Deux ans plus tard, il réintègre la rédaction de France-Soir et s’envole pour les États-Unis pour réaliser un sujet sur le campus de l’Université de Yale, destiné à l’émission «5 colonnes à la Une», produit par Pierre Lazareff.
Un tournant dans sa carrière
Le 22 novembre 1963, il est un des rares journalistes français à être présent sur le sol américain, le jour de l’assassinat de John F. Kennedy. Dépêché à Dallas, il couvrira l’événement pendant trois ans, et sera interrogé par le FBI dans le cadre de l’enquête menée par la commission Warren. Ce sera un tournant dans sa carrière médiatique. À son retour des États-Unis, il devient co-producteur de l’émission «Caméra 3» sur l’ORTF. Il se retrouve également à écrire pour la presse au sein des rédactions de Paris Match et du Journal du Dimanche. Sur les ondes, sa voix se fait entendre sur RTL, dont il sera nommé rédacteur en chef en 1979.
Au début des années 1980, il rejoint la rédaction de TF1, puis celle d'Antenne 2 où il animera pendant un an l’émission Antenne 2 Midi.
Philippe Labro continue son ascension chez RTL dont il devient le directeur des programmes puis le vice-président, de 1985 à 2000. Victime d’une dépression entre 1999 et 2001 (dont il parlera dans son livre «Tomber sept fois, se relever huit»), les téléspectateurs le retrouvent à l’animation d’«Ombre et lumière», une série d’entretiens intimistes diffusée sur France 3 entre 2001 et 2006.
Le 31 mars 2005, il se tient au côté de Vincent Bolloré au moment du lancement de Direct 8 sur la TNT, une chaîne où il est nommé vice-président, en plus d’y animer l’émission «Blog Notes», puis «Langue de bois s’abstenir», à partir de 2012.
En 2006, il participe également au lancement du quotidien gratuit Direct Matin. Jusqu’en février dernier, Philippe Labro assurait l’animation de «L’Essentiel chez Labro», et présentait le film du dimanche soir sur C8, avant que l’arrêt de la chaîne par l’ARCOM ne vienne mettre fin à sa carrière télévisuelle.