Invité sur la chaîne d’information en continu CNN, samedi 7 juin, le journaliste Scott Pelley a tenu à souligner le danger démocratique que pourrait représenter un accord entre le groupe médiatique Paramount Global et le président américain, Donald Trump, dans le cadre d’une plainte déposée par ce dernier en 2024.
Un dangereux précédent. Le journaliste Scott Pelley, de la chaîne américaine CBS sur laquelle est diffusée l’émission politique réputée «60 minutes», a profité de son passage sur CNN, samedi 7 juin, après la retransmission du spectacle «Good night, and good luck» depuis Broadway – centré sur le journaliste Edward R. Murrow qui avait dénoncé les agissements du sénateur républicain Joseph McCarthy et de sa chasse aux communistes dans les années 1950 – pour souligner le danger démocratique que représentait le procès intenté par le président américain, Donald Trump, à l’encontre de Paramount Global.
En 2024, Donald Trump avait porté plainte contre le groupe médiatique, propriétaire de la chaîne CBS, réclamant 20 milliards de dollars de dommages et intérêts après la diffusion d’une interview de Kamala Harris – son opposante dans la course à l’élection présidentielle en 2024 – dans l’émission «60 minutes» jugée trop partisane envers la candidate démocrate.
Un procès venu mettre en péril la vente de Paramount au géant médiatique Skydance Media pour la somme de 8 milliards de dollars. L’actionnaire majoritaire de Paramount Global, Shari Redstone, aurait tenté de régler l’affaire en proposant un arrangement à 15 millions de dollars en échange de l’abandon du procès au camp du président américain, et permettre ainsi de reprendre le processus d’acquisition. Donald Trump aurait refusé l’offre initiale, exigeant le paiement de 25 millions de dollars en cash, plus 25 millions de dollars de publicité gratuite pour assurer la promotion de causes de son choix, et des excuses publiques.
Ne pas rester silencieux
Le problème est que, si un accord est perçu comme le prérequis à la reprise des négociations, plusieurs experts ont alerté qu’un arrangement financier visant à obtenir un accord gouvernemental pourrait être perçu comme un pot-de-vin. Et donc illégal aux yeux de la loi américaine, avec de possibles poursuites judiciaires en conséquence. Un casse-tête juridique qui, selon Scott Pelley, menace directement la démocratie.
«La chose la plus importante est d’avoir le courage de parler, et de ne pas laisser la peur gagner le pays où tout à coup, tout le monde resterai silencieux. Si vous avez le courage de vous exprimer, nous serons sauvés. Si nous nous taisons, ce pays est fichu. C’est la seule chose qui permettra de sauver notre pays. Il ne peut y avoir de démocratie sans une presse libre. C’est impossible», a-t-il souligné.
Pour Scott Pelley, un arrangement entre Paramount Global et le camp du président Donald Trump, ou même une simple excuse de la part du groupe médiatique envers le président, pourrait porter un coup fatal au journalisme aux États-Unis. «Ce serait très dommageable pour l’image de CBS, de Paramount, et pour la réputation de ces entreprises», a-t-il indiqué.