L’industrie du jeu vidéo français était réunie ce jeudi 5 mars pour la septième cérémonie des Pégases. Le jeu phénomène «Clair Obscur : Expedition 33», a logiquement triomphé sur la scène de la Cigale à Paris, en remportant quatre trophées, dont celui du meilleur jeu vidéo.
Développé par Sandfall Interactive et édité par Kepler Interactive, «Clair Obscur : Expedition 33» est de nouveau entré dans l’histoire du jeu vidéo en remportant quatre récompenses à la prestigieuse cérémonie des Pégases. Le jeu de rôle fantastique est reparti avec les trophées du meilleur jeu vidéo, de l’excellence visuelle, du meilleur univers sonore et de l’excellence narrative. Une consécration pour la première production de Sandfall Interactive : «c’est une fierté d’être reconnu pour notre œuvre dans notre pays et de partager cette cérémonie avec autant de bons jeux», témoigne avec émotion Guillaume Broche, cofondateur et PDG du studio montpelliérain.
Une industrie française qui rayonne grâce à ses talents et sa créativité, comme le souligne le jeune homme de 33 ans : «Il y a vraiment une âme dans les projets français, on est heureux de faire partie de cette industrie aux côtés de pleins de jeux excellents et sincères.» En bon Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres, le créateur n’a pas oublié de rendre hommage à ces autres jeux français tels que «Shinobi : Art of Vengeance», «Absolum», «Roboquest», «Rematch» et «Windblown». Des œuvres qui selon lui «ont rendu tout le studio montpelliérain accro», accumulant pas moins «de milliers d’heures de gameplay.»
Un succès planétaire
Dans «Clair Obscur : Expedition 33», inspiré par l’esthétique du Paris de la Belle Epoque, le joueur prend la tête d’un groupe de combattants chargé de venir à bout d’une divinité qui, chaque année, tue les représentants d’une classe d’âge. Depuis sa sortie en avril 2025, ce jeu inspiré de Final Fantasy ou encore Dark Souls est devenu un phénomène mondial et s’est écoulé à plus de cinq millions d'exemplaires. Un succès que Guillaume Broche a encore du mal à réaliser : «on est encore dans le déni. Dans trois ans peut-être, on réalisera l’impact que notre jeux a eu.» Un impact qui s’explique également par la qualité exceptionnelle de l’univers sonore de «Clair Obscur : Expedition 33».
Le jeu, qui a reçu un Pégase pour l’ambiance musicale, a marqué de nombreux joueurs par son univers unique. Une bande originale que l'on doit à Lorien Testard. Le compositeur est revenu sur l’importance de la musique dans un jeu vidéo. «Ce qui compte c’est ce que ressentent les joueurs et ce qu’ils vivent. Quand j’écoute de la musique et que je joue aux jeux vidéos, je sens une harmonie entre les deux. C’est un mélange de toutes ces énergies musicales, qui, alliées avec le gameplay, l’histoire et l’univers, créé un jeu vidéo.»
Un projet en préparation
Alors que l’industrie française du jeu vidéo connaît des difficultés, entre gros studios en quête de rentabilité et petites structures imaginatives mais éphémères, le studio montpelliérain entend bien poursuivre son travail.
«On n’a pas la prétention de dire qu’on va changer quoique ce soit dans l’industrie. Ce qui est sûr c’est que si on peut inspirer des gens à suivre ce genre d’aventure et à créer des projets sincères, ça nous ferait super plaisir», explique Guillaume Broche. Pour l’heure, tous «ont hâte de retourner au studio» et de se remettre au travail. «On ne se tourne pas les pouces, on travaille sur quelque chose», conclut avec amusement le cofondateur de Sandfall Interactive.