Recapitalisation des banques: Bruxelles pour une mise en place rapide

Commission européenne. Photo d'illustration.[ISOPIX/SIPA]

La Commission européenne a rappelé mercredi son souhait de voir mis en place rapidement le mécanisme de recapitalisation directe des banques par le pare-feu de la zone euro (MES), alors que plusieurs pays semblent remettre en cause ce principe décidé lors du sommet de juin.

"Nous souhaitons mettre en place rapidement les mesures prises lors du dernier sommet de la zone euro" en juin. "Nous devons nous mettre d'accord sur un mécanisme de supervision bancaire d'ici la fin de l'année et nous souhaitons que le MES soit en mesure de recapitaliser directement les banques", a déclaré Olivier Bailly, porte-parole de l'exécutif européen.

En juin, la zone euro s'était mise d'accord pour que le MES puisse recapitaliser directement les banques d'un Etat --sans alourdir sa dette-- dès la mise en place d'un mécanisme de supervision bancaire, prévu début 2013.

Ce mécanisme intéresse de près l'Espagne, dont le secteur bancaire est en difficulté, et qui bénéficie déjà d'une ligne de crédit de 100 milliards d'euros accordée en juin par la zone euro pour venir en aide à ses banques.

Mais l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas ont émis des réserves sur la mise en place de ce mécanisme et ont rappelé mardi dans une lettre signée de leurs ministres des Finances les conditions posées pour qu'il voie le jour.

Ils ont notamment rappelé que l'accès à ce mécanisme nécessitait la rédaction d'un protocole d'accord, définissant les conditions exigées en échange d'aide.

En outre, la recapitalisation directe ne doit pas servir à résoudre les anciennes difficultés d'une banque, mais seulement celles qui apparaîtront à partir de la mise en place de ce mécanisme, ont-ils précisé.

Ce qui semble nettement moins avantageux pour l'Espagne, qui doit recevoir un premier versement pour ses banques en novembre.

Le contenu de la lettre n'est "pas en ligne avec la philosophie de l'accord de juin", a réagi une source européenne sous couvert d'anonymat.

"On a obtenu la confiance des marchés en juin avec l'idée qu'il fallait aller vite, notamment pour aider les banques espagnoles (...) On comprend que ces trois Etats veuillent revenir là-dessus, c'est légitime, mais il faut que les autres Etats membres en discutent", a-t-elle poursuivi.

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