Charlier, un quatrième patron en 15 mois pour SFR

Le logo de SFR [Damien Meyer / AFP/Archives] Le logo de SFR [Damien Meyer / AFP/Archives]

Jean-Yves Charlier est devenu mercredi le quatrième dirigeant en un peu plus d'un an à la tête de SFR, l'opérateur filiale de Vivendi, sérieusement chahuté par la concurrence débridée sur le marché français du mobile depuis l'arrivée de Free en 2012.

A la tête des activités télécoms de Vivendi depuis l'été 2012, M. Charlier, 49 ans, a été nommé directeur général de SFR en remplacement du PDG Stéphane Roussel, qui conserve toutefois la présidence du conseil d'administration.

Le scénario de cette succession avait été évoqué début avril dans la presse, comme un moyen de donner des gages aux actionnaires de Vivendi. M. Roussel l'avait fermement démenti à l'époque.

Stéphane Roussel n'était lui-même à la tête de SFR que depuis juin 2012, quand il avait mis fin à l'intérim que Jean-Bernard Lévy, encore président du directoire de Vivendi à l'époque, assurait depuis le départ trois mois plus tôt de Frank Esser, patron de l'opérateur de 2002à 2012.

Quatre dirigeants en 15 mois... Et encore cette liste ne tient pas compte de Michel Combes, dont l'arrivée avait été annoncée au printemps 2012, puis annulée au dernier moment, et qui a pris depuis les fonctions de directeur général d'Alcatel-Lucent.

Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, le 30 avril 2013 à Paris [Eric Feferberg / AFP/Archives]
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Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, le 30 avril 2013 à Paris
 

Cette valse des dirigeants témoigne de la période troublée traversée par SFR depuis l'intensification de la concurrence sur le marché du mobile après l'arrivée de Free Mobile, mais aussi de la fébrilité de Vivendi qui cherche à changer son fusil d'épaule en se concentrant sur ses activités médias.

Après le séisme provoqué par Free, SFR commence à remonter lentement la pente en réussissant à endiguer l'érosion du nombre de ses abonnés. Il compte également sur la simplification de ses offres et le lancement de la 4G pour se relancer.

Avenir incertain

Mais les effets se font encore attendre en terme de ventes et la maison mère Vivendi a encore vu chuter ses bénéfices du premier trimestre, plombés par les mauvais résultats de SFR et des autres activités télécoms, que les bonnes performances dans les médias n'ont pas réussi à compenser.

Vivendi semble en bonne voie de céder les 53% qu'il détient dans Maroc Telecom, le groupe étant en train d'examiner les offres fermes des groupes télécoms émirati Etisalat et qatari Ooredoo (ex-Qtel) qui proposent chacun entre 4,6 et 4,7 milliards d'euros.

Mais le problème du futur de SFR, valorisé par la maison-mère à plus de 16 milliards d'euros, reste entier.

Stéphane Roussel présente la 4G de SFR, le 29 janvier 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]
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Stéphane Roussel présente la 4G de SFR, le 29 janvier 2013 à Paris
 

Au fil des mois des rumeurs de cession ou de fusion avec le câblo-opérateur Numericable, ou le troisième opérateur français Bouygues Telecom se sont succédées. Stéphane Roussel leur avait coupé court en janvier en déclarant que SFR n'était pas à vendre.

Fin avril, le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, a lui indiqué que le groupe pourrait envisager l'entrée en Bourse "ultérieure" de l'opérateur.

Mais M. Fourtou avait tout de suite tempéré cette annonce en ajoutant que la décision "n'était pas prise et cela ne saurait être réalisé à court terme", car il fallait "mettre en place la stratégie la plus pertinente pour SFR".

Pour lui, la priorité restait "le renforcement de la société dans le nouveau contexte concurrentiel que nous connaissons".

L'opérateur qui avait annoncé fin 2012 son intention de supprimer 856 postes nets via des départs volontaires et de la mobilité interne pour "sauvegarder sa compétitivité" a ainsi récemment indiqué que son plan de départs volontaires avait débuté le 11 avril.

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