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Abercrombie & Fitch épinglée par le Défenseur des droits

Une boutique Abercrombie & Fitch à Los Angeles[CC / Prayitno]

Afin de vérifier que les recrutements d’Abercrombie & Fitch ne sont pas discriminatoires, Dominique Baudis, le Défenseur des droits, a décidé d'enquêter sur les pratiques de la marque américaine, qui a fait de l’apparence de ses employés et de clients sa marque de fabrique.

 

Le 15 juillet, le Défenseur des droits, Dominique Baudis a décidé de s'auto-saisir pour enquêter sur la marque américaine de vêtements Abercrombie & Fitch, selon les informations du journal Le Monde confirmées par l’AFP. 

Le Défenseur déclare que la firme semble « fonder ses pratiques de recrutement sur des critères discriminatoires et notamment l'apparence physique.»

 

 

Différents articles de presse évoquaient une politique de recrutement « assez bizarre » a dénoncé Slimane Laoufi, en charge des discriminations dans les entreprises privées au cabinet du Défenseur des Droits. 

Sur ses sites internet, Abercrombie, comme sa sous-marque Hollister, ne parlent pas de postes de vendeurs, mais bien de « mannequins ». Dans ses magasins, ces employés déambulent parfois torse nu, dans une ambiance qui rappelle celle des boîtes de nuit. 

 

Des « gens beaux » attirent « des gens beaux »

Pour le Défenseur, il s’agit en réalité de mannequins et de vendeurs. Il explique ainsi « si des exigences professionnelles essentielles et déterminantes pourraient légitimer la prise en compte de l'apparence physique dans le cadre de recrutement de mannequins, il en est autrement pour des postes de vendeurs ».

Dominique Baudis rappelle par ailleurs des propos du PDG de la société Mike Jeffries, qui, en 2006, dans le magazine Salon, revendiquait le fait de ne recruter que « des gens beaux » : « les gens beaux attirent les gens beaux et nous ne voulons vendre qu’aux gens beaux et cools. Les autres, on n’en veut pas. Nous ne voulons nous adresser à personne d'autre. Beaucoup de gens n'ont rien à faire dans nos vêtements », ajoutait-il.

Suite à cette auto-saisine, le Défenseur va lancer une instruction officielle et réclamer à l'enseigne, déjà contactée, d'expliquer ses pratiques de recrutement. Une décision devrait être rendue d’ici la fin de l’année.

 

Déjà plusieurs polémiques

Le groupe a déjà été poursuivi pour discrimination. Il y a une dizaine d'années, il avait accepté de payer 50 millions de dollars à des salariées qui avaient affirmé avoir été victimes de discrimination sur la base de la race et de l'apparence. 

En mai dernier, une pétition avait été lancée aux Etats-Unis pour dénoncer la marque qui ne proposait pas de vêtements en taille XL ou XXL. « Ils ne veulent pas que de jeunes gens en surpoids portent leur marque. Monsieur Jeffries doit des excuses à ces jeunes gens, parce que, contrairement à ce qu'il pense, que vous soyez taillés pour porter de l'Abercrombie ou pas, vous êtes beau » indiquait le texte de la pétition, signée par près de 80.000 personnes. Une ancienne vendeuse d’Abercrombie avait par ailleurs déclaré à ABC qu’elle avait été licenciée car elle avait pris du poids. 

 

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