Le CV anonyme bientôt enterré ?

Un groupe de travail s'est prononcé contre la généralisation du CV anonyme. [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Dans un rapport qui doit être remis au gouvernement mardi 19 mai, le groupe de travail sur les discriminations se prononce contre le CV anonyme, estimant notamment qu'il pourrait être contre-productif.

 

Le gouvernement va-t-il devoir détricoter la loi de 2006 sur le CV anonyme ? C'est ce que laisse à penser le rapport sur ce dispositif que le groupe de travail sur les discriminations doit remettre mardi aux ministres du Travail, François Rebsamen, et de la Ville, Patrick Kanner.

Dans ce rapport, que l'AFP a pu consulter, le groupe de travail dénonce "la lourdeur", le "coût et les modalités pratiques" du CV anonyme.

Pire, ce dispositif pourrait s'avérer contre-productif. Le groupe de travail évoque, en effet,  les éventuels effets pervers" que le CV anonyme "peut introduire dans les processus de recrutement". Il "ne permettrait pas de valoriser les différences", il "irait à l'encontre de la liberté de choix des entreprises et des candidats", "risquerait de conduire à des démarches de contournement avec l'utilisation accrue d'internet comme mode de recrutement", souligne le rapport.

 

Modifier la loi

En conclusion, le groupe de travail s'est "majoritairement prononcé contre "la généralisation du CV anonyme. Aussi, il préconise au gouvernement de modifier la loi pour rendre ce dispositif facultatif.

Et de faire part de nouvelles propositions pour lutter contre les discriminations : mise en place de "class actions" anti-discrimination, création d'un "référent égalité des chances" dans les entreprises de plus de 300 salariés, réalisation d'une "campagne nationale d'information et de sensibilisation"…

 

Casse-tête gouvernemental

Décrié, ce dispositif est devenu un véritable casse-tête pour le gouvernement. La loi, votée depuis 2006, prévoit de rendre le CV anonyme obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Sauf que depuis cette date, aucun décret d'application n'a été publié.

A tel point qu'en juillet 2014 le Conseil d'Etat avait sommé le gouvernement de prendre ce décret.

C'est à la suite de cette ordonnance que le gouvernement avait chargé représentants syndicaux et patronaux et associatifs d'étudier le dossier. 

 

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