Maud Fontenoy : "Stop aux discours alarmants sur l'écologie"

Maud Fontenoy bouscule l'écologie dans son dernier ouvrage. Maud Fontenoy bouscule l'écologie dans son dernier ouvrage. [©P.Marchal]

Elle veut du concret. Dans son ouvrage “Ras-le-bol des écolos”, à paraître jeudi, la navigatrice Maud Fontenoy va à l’encontre des discours alarmistes et démontre qu’écologie et économie font bon ménage. Une association nécessaire pour sauvegarder la planète, et notamment les océans. 

 

Pourquoi avoir choisi ce titre ?

L’écologie ne peut pas être l’objet d’un seul parti. On ne doit pas avoir d’un côté un discours alarmant et de l’autre des Français qui tentent d’assurer leur emploi et leur pouvoir d’achat. Nous avons besoin de décisions politiques fortes pour l’environnement, car il imprègne et impacte l’ensemble de notre quotidien. L’écologie est partout, et le discours doit être transversal. Ce n’est pas un enjeu à part.

 

Le message écologiste doit-il donc être différent ?

La pédagogie doit se faire en parlant des initiatives qui fonctionnent, des pays qui se mobilisent, par la sensibilisation dans les écoles. Il faut le faire avec enthousiasme, et non en disant « rien ne va plus, fermez la boutique ».

 

Votre message porte notamment sur les océans…

Ils sont souvent oubliés, alors qu’ils génèrent deux-tiers de l’oxygène que nous respirons, régulent le climat, nourrissent la moitié de la planète. Ils regorgent de ressources indispensables à la survie des Hommes.

 

Les Français connaissent-ils assez la mer ?

Elle est méconnue. La mer, ce ne sont pas que les baleines, les dauphins et les vacances au mois d’août. La vie est née dans les océans, mais on les a toujours considérés comme un puits sans  fonds dans lequel on pouvait rejeter tous nos déchets.

 

Les pêches sont intensives. Comment y faire face ?

Aujourd’hui, 70% des stocks de poissons dans le monde sont en surexploitation. Mais il y a des pêcheurs français qui font très bien leur travail, démontrant qu’il est possible de faire à la fois quelque chose de durable et de rentable. Donc arrêter de consommer des poissons ou de pêcher, ce n’est pas la solution. Il faut apprendre à prélever d’une façon raisonnable.

 

Vous proposez aussi la mise en place d’une banque de la transition énergétique...

Des initiatives, il y en a beaucoup en France : les énergies locales, les énergies bleues, les voitures électriques…Mais ces initiatives qui bouillonnent, il va falloir les aider.

 

Quel rôle ont à jouer les jeunes générations ?

On comprenant mieux, on aime, et quand on aime, on protège. Les enfants sont les futurs chefs d’entreprises, les futurs hommes politiques, les futurs décideurs. Ils doivent prendre conscience qu’il n’y a pas l’écologie d’un côté et l’économie de l’autre. Les deux sont imbriquées.

 

Que répondez-vous à eux qui prônent la décroissance ?

Elle est impossible. Que va-t-on dire aux millions de Chinois et d’Indiens qui veulent accéder à nos niveaux de vie ? D’autant que la croissance permet aussi un meilleur accès aux soins et à l’éducation. Mais c’est aux pays riches de proposer à ceux en développement des solutions pour qu’ils passent directement à une croissance durable et responsable. Avec intelligence. 

 

“Ras-le-bol des écolos”, de Maud Fontenoy, éditions Plon, 16,50 euros. 

 

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