La 30e Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) se tient à Belém, au Brésil, jusqu'au vendredi 21 novembre. Depuis le début de ce sommet, un acronyme est sur toutes les bouches et les banderoles : «BAM».
Un mystérieux acronyme. Depuis le début de la COP30 à Belém au Brésil, le 10 novembre dernier, trois lettres font particulièrement parler d'elles. Il s'agit de «BAM». Ce dernier est présent sur de multiples badges et banderoles de participants, et anime les curiosités pour ceux qui ignorent ce qu'il signifie.
S'il peut ressembler à une simple onomatopée tirée d'un film ou d'une bande dessinée, le BAM signifie en réalité «Belem Action Mechanism», c'est-à-dire, «Mécanisme d’action de Belém». Ce dernier prône une transition climatique plus équitable pour les communautés qui en subiront les conséquences. «L'aboutissement du mécanisme d'action de Belém est une priorité absolue pour les défenseurs de la justice climatique lors des négociations», explique The Guardian.
Une transition «juste»
Derrière cet acronyme, se cachent, selon le média britannique, le Réseau Action Climat international, soit, la plus grande coalition d'ONG environnementales, le Women and Gender Constituency, une coalition d'organisations de défense de l'égalité des genres, des alliés issus des mouvements syndicaux et de la jeunesse, et la coalition Global Campaign to Demand Climate Justice.
Le concept du BAM consiste à «inciter les États à impulser une transition juste vers une économie à faibles émissions de carbone», afin d'éviter que l'économie verte n'accroit l'injustice et les inégalités, selon cette même source.
Cette idée de «transition juste» est née grâce au mouvement syndical américain, et plus précisément auprès des «travailleurs des secteurs de l'énergie et de la chimie». Ces derniers considéraient que les employés des secteurs polluants devaient être soutenus et indemnisés lors de leur transition vers des emplois plus respectueux de l'environnement.
Cela a ensuite été «repris par les organisations de la société civile» et étendu à toutes les personnes affectées par les «mutations sectorielles» induites par les politiques climatiques, tels que les travailleurs du secteur des minéraux de transition, ou encore les populations vivant à proximité des sites d'extraction minière.
Les Philippines en faveur du BAM
Pour l'heure, les partisans du BAM estiment que les efforts mondiaux déployés en matière de transition juste sont «fragmentés et incohérents». Selon eux, il faut qu'un nouveau mécanisme soit mis en place pour contraindre les pays à prendre des mesures concrètes en faveur d'une transition juste.
«Personne ne suit les progrès réalisés sur ce sujet. BAM réglerait ce problème», a indiqué Teresa Anderson, responsable mondiale de la justice climatique au sein de l'ONG ActionAid, à The Guardian.
Et pour cause : si le BAM n'imposerait aucune nouvelle dépense en matière de financement climatique, il «privilégierait les financements n'entraînant pas d'endettement et veillerait à ce que les technologies soient partagées avec les pays en développement».
Quelques pays puissants restent réticents face au BAM. Parmi eux, figurent le Royaume-Uni et le Japon. D'autres cependant se rallient à cette cause, notamment les Philippines, qui ont été «parmi les premiers» à prendre position en faveur du concept.