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Mégaferme de saumon : 10.000 tonnes de poissons par an, «cuves géantes»... Quel est ce projet décrié en Gironde ?

27 ONG ont dénoncé un projet «complètement démesuré». [©Adobe stock]

La société Pure Salmon souhaite implanter son usine en Gironde malgré l’opposition de la ministre de la Transition écologique. Un grand projet, créateur de 400 emplois et qui permettraient de produire 10.000 tonnes de saumon.

Une première mégaferme de saumon en France ? Leader mondial, c’est la Norvège qui jusqu’à présent était connue pour abriter ce type d’infrastructures controversées. Mais depuis avril 2022, l’entreprise «Pure Salmon» a dévoilé son projet de «ferme d’élevage responsable» sur le site français de Verdon-sur-Mer (Gironde). 

Le complexe prévoit de s’étendre sur 14 hectares, avec 7,5 hectares occupés par le bâtiment d’élevage et de préparation. L’installation sera composée d’une nurserie, d’une écloserie, de bassins d’élevages en eau douce et salée et pour finir d’un bâtiment pour la transformation du poisson.

La future ferme aquacole a pour objectif de produire des volumes de saumon vertigineux de 10.000 tonnes par an, tout en respectant les règles environnementales du site. La compagnie internationale promet une couverture de «5 % des besoins du marché français en saumon», la création de 400 emplois et des retombées économiques considérables à l’échelle du Médoc, estimées à 12 millions d’euros par an. 

Un projet «complètement démesuré» 

Toutefois, ces promesses ne suffisent pas à convaincre la ministre de la Transition écologique. Monique Barbut, auditionnée ce mercredi au Sénat, estime que ce projet industriel n'est pas construit «sur des fondements qui tiennent la route». Elle s’est même dite personnellement opposée : «Je me bats pour trouver des vrais projets d'aquaculture dans des rivières, au bord de nos côtes» mais «ce n'est pas un projet d'aquaculture», s'agissant de «cuves posées sur terre». Elle a ensuite ajouté vouloir «faire en sorte de dépenser l'énergie qu'il faut pour avoir de l'eau à quinze degrés et il faudra nourrir les saumons avec du poisson pêché sur toutes les côtes ouest d'Afrique».

La ministre n’est pas la seule opposée à ce projet : 27 ONG ont aussi dénoncé un projet «complètement démesuré». Selon elles, gourmand en eau et en énergie, il menace l'écosystème de l'estuaire, le plus grand et le plus sauvage d'Europe, qui pâtirait des rejets de boues au détriment de la pêche et de la conchyliculture locales.

Pour le moment, le projet a déjà reçu un avis favorable de la commission d'enquête publique. Le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) doit lui aussi se prononcer d'ici à quelques mois. Une fois les deux conclusions transmises, le préfet délivrera ou non une autorisation environnementale.

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