Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Pourquoi 15 millions d'huîtres vont-elles être relâchées en mer du Nord ?

La réintroduction d’environ 15 millions d’huîtres permettrait de capter jusqu’à 76 tonnes de CO2 chaque année. [JEAN-PIERRE MULLER / AFP]

Plus de 15 millions d’huîtres vont être relâchées dans les Orcades, en mer du Nord, dans le cadre de l’un des plus grands projets de «renaturation» menés dans les eaux britanniques.

Un grand projet pour la biodiversité. Des scientifiques de la Green Britain Foundation, du Nature Restoration Fund, du Marine Fund Scotland et du North Bay Innovations vont déposer plus de 15 millions d’huîtres juvéniles dans les Orcades, une zone côtière du Royaume-Uni, afin de créer une «cascade d’avantages climatiques et écologiques». L’objectif est d’une part de réintroduire les huîtres dans les eaux britanniques, mais aussi de faire fructifier l’ensemble de l’écosystème local.

L'initiative des Orcades consiste à élever des huîtres juvéniles à terre sur des «plaques» enrichies en carbonate de calcium. Une fois les huîtres bien établies, ces plaques sont mises à la mer sur de longues lignes qui les aident à échapper aux prédateurs jusqu'à ce qu'elles soient assez grandes pour survivre et former des bancs, créant ainsi des récifs composés de dizaines d'autres espèces, notamment des coquilles Saint-Jacques, des mollusques, des algues et des invertébrés.

«Cela ne profitera pas seulement aux poissons et à la baie, mais aussi aux mammifères marins, aux oiseaux marins et à l'environnement dans son ensemble», a estimé Richard Land, l'expert qui dirige le projet. «Ce projet est le point de départ d’un plan plus vaste visant à réintroduire les huîtres dans les eaux britanniques et européennes, à améliorer la qualité de l’eau, et à capter des quantités importantes de CO2», a-t-il ajouté.

76 tonnes de CO2 chaque année

Selon Dale Vince, fondateur de la Green Britain Foundation, des études suggèrent par ailleurs que les récifs d’huîtres peuvent retenir des quantités importantes de CO2, responsable du réchauffement climatique. Selon ses calculs, la réintroduction d’environ 15 millions d’huîtres dans un nouveau banc couvrant plus de 100 hectares permettrait de capter jusqu’à 76 tonnes de CO2 chaque année. Après quinze ans, ce chiffre pourra être multiplié par 1.000, selon les scientifiques.

«À l’origine, ce projet est né d’une question : comment faire en sorte que la nature capture le carbone à notre place ? La restauration des bancs d’huîtres illustre parfaitement comment nous pouvons à la fois restaurer la nature et lutter contre la crise climatique. En les réintroduisant, nous redonnons vie aux écosystèmes marins, en créant des habitats essentiels pour d’autres espèces marines et en réduisant le carbone dans l’atmosphère. C’est une combinaison parfaite», a détaillé Dale Vince.

une espèce décimée au royaume-uni

Les parcs à huîtres constituaient autrefois un élément clé des écosystèmes marins du Royaume-Uni, couvrant de vastes zones côtières. Certains, en mer du Nord, s’étendaient sur une superficie équivalente à celle du Pays de Galles. Mais pendant la révolution industrielle, les huîtres sont devenues une source de nourriture très prisée des travailleurs britanniques. Entre 1840 et 1850, on estime que les Londoniens à eux seuls ont consommé 700 millions de ces coquillages.

Cette surpêche, conjuguée à l'augmentation de la pollution, au changement climatique et à l'enlèvement délibéré des parcs à huîtres pour dégager les voies de navigation, a eu un impact dévastateur sur les populations d’huîtres et les sous-espèces qui en dépendent, déclenchant ce que les scientifiques qualifient de «cascade négative» qui a décimé une grande partie des écosystèmes marins locaux.

Alistair Carmichael, député de la région, a salué ce projet. «Les efforts visant à restaurer et à rétablir la faune historique des îles sont tout à fait les bienvenus», a-t-il déclaré, «en particulier s’ils permettent en même temps de séquestrer le carbone». «Il est dans notre intérêt à tous de trouver un équilibre entre les besoins et les exigences de nos fonds marins afin que chacun puisse en bénéficier pour les générations à venir». 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités