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«Ils sont en première ligne» : la moitié des enfants du monde exposés à au moins trois risques climatiques qui menacent leur vie, selon l'Unicef

En Inde, 32 millions d'enfants souffrent de la combinaison sécheresse, chaleur extrême et canicule. [Ritesh Shukla / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP]

Dans un rapport rendu public ce lundi 15 juin, l’Unicef a alerté sur les risques encourus par près de la moitié des enfants du monde, qui sont exposés à au moins trois types d'aléas climatiques majeurs du fait du réchauffement planétaire.

Un rapport alarmant. Selon l’Unicef, plus d'un milliard d'enfants à travers le monde sont déjà exposés à au moins trois types d'aléas climatiques majeurs, dus au réchauffement planétaire. Ce nombre représente près de la moitié des enfants vivant sur notre planète (2,4 milliards).

Pour réaliser leur étude, les experts de l’Unicef ont croisé les données géographiques des enfants du monde entier avec la répartition géographique des huit impacts climatiques les plus fréquents.

Ces risques majeurs sont : l’inondation côtière, l’inondation fluviale, la sécheresse, la tempête tropicale, la canicule (au moins 3 jours au-dessus d'une température élevée, différente selon les pays), la chaleur extrême (toute journée à plus de 35 °C), l’incendie et la tempête de sable.

L’organisme onusien a alerté sur l’augmentation au cours des 20 dernières années, de la part d’enfants souffrant au moins de trois de ces aléas climatiques majeurs. 

L’Unicef met en avant que la combinaison la plus fréquente regroupe sécheresse, chaleur extrême et canicule, qui touche 296 millions d’enfants (74 millions au Nigeria, 34 millions au Pakistan, 32 millions en Inde).

Par ailleurs, environ 2,3 milliards d’enfants, soit la quasi-totalité, sont exposés à au moins un risque, 2 milliards à au moins deux, 364 millions à au moins quatre, 53 millions à au moins cinq, 4 millions à au moins six et 123.000 à au moins sept (dont 46.000 en Birmanie).

Des inégalités face aux risques

Patronne de l’Unicef, Catherine Russell, a alerté : «Les enfants sont en première ligne face aux impacts du changement climatique», car ils ont une vulnérabilité plus grande que les adultes sur ce point.

Tom Slaymaker, un des auteurs du rapport, a indiqué à l’AFP, qu’il était difficile de déterminer l’endroit le plus terrible pour les enfants, ces derniers étant exposés un peu partout, aussi bien dans les pays pauvres que dans les plus riches. Toutefois, «ils ne sont pas égaux» face à ces risques climatiques, a-t-il ajouté.

Il existe néanmoins des «points chauds», tels que l'Afrique subsaharienne, une partie de l'Asie du Sud et les petits États insulaires. Par ailleurs, avec la combinaison d'au moins trois aléas, «sans surprise», les pays avec beaucoup d'enfants sont systématiquement en tête de liste pour le nombre d'enfants exposés.

Cependant, en termes de pourcentage d'enfants touchés par pays, c'est l'Afrique subsaharienne, en particulier le Sahel, qui arrive en tête, notamment Centrafrique, Tchad, Mali, Niger, ou Soudan du Sud, où les impacts sont exacerbés par les difficultés des autorités à y faire face.

Au Tchad par exemple, pays en crise humanitaire avec des difficultés d'accès à l'eau, à l'électricité ou à la nourriture, «plus de 95% des enfants» sont menacés par au moins trois aléas (sécheresse, chaleur extrême et canicule), un des chiffres les plus élevés au monde.
    
L'Unicef a également souligné le risque de «cercle vicieux» dans ces pays fragiles. En effet, la sécheresse entraîne une baisse des récoltes et plus d'insécurité alimentaire, les sols secs sont propices aux incendies et sont ensuite plus vulnérables aux inondations, inondations qui détruisent maisons ou écoles, et forcent des populations à fuir.

S’il n’existe pas de havre de paix, «dans de nombreux pays, il y a des petites poches de population pas exposées à ces risques», a expliqué Tom Slaymaker, notant que ces dernières se trouvent dans l'hémisphère nord, notamment en Scandinavie.

Toutefois, les enfants peuvent y subir d’autres menaces non abordées dans le rapport, telles que la fonte des glaciers ou le dégel du permafrost.

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