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Ain : pour le meurtre de son client, une escort girl condamnée à 10 ans de prison

Les faits se seraient déroulés durant une séance de sadomasochisme.[ANOEK DE GROOT / AFP]

Elle invoquait la légitime défense, mais a été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. L’ancienne escort girl, qui avait tué à coups de couteau un de ses clients, en 2017 à Saint-Genis-Pouilly (Ain), va passer ses prochaines années en prison.

Reconnaissant avoir poignardé Jean-Luc D., dans la nuit du 16 au 17 août, Anaëlle P. se défendait en expliquant avoir été violée lors d’une séance de sadomasochisme. Après le meurtre, elle avait transporté le corps de la victime dans la vallée d’Aoste, en Italie, où il avait été retrouvé en partie calciné, près d’une autoroute.

Une version mise à mal par l’avocat général, qui a indiqué qu’aucune preuve d’agression sauvage n’ayant été mise en évidence, «on ne peut pas retenir la légitime défense». Il a également souligné qu'aucun ADN masculin n’avait été trouvé sur le godemiché qu'aurait utilisé la victime pour violer l'accusée, en s’interrogeant ensuite sur le fait que la jeune femme ait pu avoir des relations intimes avec un petit ami, trois jours après l'agression présumée.

«Pulsion meurtrière»

Le magistrat a en outre considéré que les coups mortels portés par l'accusée ont pu découler d'une «pulsion meurtrière» lors du jeu sexuel, en réaction à la personnalité de la victime décrite comme non violente mais acerbe. Une «rage interne qui a explosé», avait expliqué plus tôt à la barre Patrick Dessez, expert psychologue, notant le «clivage» de personnalité de l’accusée.

Selon celui-ci dernier, la jeune femme, également serveuse, avait passé sa vie à dissimuler son «activité secrète» d’escort girl, «organisée comme une addiction», d’où sa facilité à multiplier les mensonges après le drame. Elle avait ainsi échangé de faux SMS, effectué des retraits avec la carte bancaire de la victime en étant déguisée pour faire croire que l'informaticien était toujours vivant ou encore accepté un mariage blanc.

«Soit elle ment délibérément, soit elle est enfermée dans une logique dont elle ne peut pas sortir», avait réagi l’avocat de la sœur du défunt, demandant d’arrêter de salir sa mémoire. De son côté, la défense avait ardemment défendu la légitime défense, reprochant au ministère public de ne pas tenir compte «de la réalité de la prostitution (et) du rapport de domination et de la marchandisation des rapports humains». «S’il ne m'avait pas fait tout ça, aujourd’hui je ne serais pas là devant vous», avait ajouté l'accusée, mardi.

Le jury, à l'issue d'une délibération de plus de trois heures, a donc condamné l’accusée, sans toutefois suivre les réquisitions de l'avocat général qui avait demandé 17 ans.

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