En août 2023, Sara, une Anglo-Pakistanaise de 10 ans, a été battue à mort au Royaume-Uni. Ce mercredi, la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres a reconnu son père et sa belle-mère coupable de son meurtre.
Une mort dramatique. Ce mercredi 11 décembre, le père et la belle-mère de la petite Sara, battue à mort à l’âge de 10 ans en 2023, ont été reconnus coupables de meurtre par la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres (Royaume-Uni).
Ce procès éprouvant a révélé les violences atroces subies par Sara. Outre son père, Urfan Sharif, 42 ans, et sa belle-mère, Beinash Batool, 30 ans, reconnus coupables du meurtre, son oncle, Faisal Malik, 29 ans, a été déclaré coupable d'avoir «causé ou rendu sa mort possible».
Le juge John Cavanagh, qui a qualifié l'affaire «d'extrêmement stressante et traumatique», a annoncé qu'il prononcerait mardi prochain les peines qui leur seront infligées. Tous trois avaient plaidé non-coupable.
Une cavale au Pakistan
Quelques heures après la mort de la fillette, son père, sa belle-mère et son oncle avaient acheté des billets d'avion pour le Pakistan et s'étaient envolés avec leurs cinq autres enfants, abandonnant le corps de Sara sur un lit à leur domicile de Woking, dans le sud de l'Angleterre.
Depuis le Pakistan, Urfan Sharif avait appelé la police en Angleterre pour signaler et s'accuser de la mort de sa fille. Après un mois de cavale, les trois adultes étaient rentrés à Londres le 13 septembre 2023, et avaient été arrêtés dans l'avion.
Durant son témoignage au tribunal, le père de famille avait d'abord accusé sa femme, la traitant de «psychopathe», avant de reconnaître sa «responsabilité» dans la mort de sa fille tout en niant toute intention de la donner.
Le corps de la fillette comptait 25 fractures, plus ou moins anciennes. Ces dernières n’ont pu être expliquées que par de violents coups répétés par un expert. Au-delà des fractures, Sara portait également 70 marques de coups et blessures
Au vu des marques, le procureur a indiqué que la fillette avait notamment subi des «morsures humaines», ainsi qu'une brûlure causée par un fer à repasser et d'autres par de l'eau bouillante.
Aucun remords de la part des accusés
L'ADN de son père et de son oncle ont aussi été détectés sur une ceinture, et du sang et des cheveux de Sara ont été découverts sur des cagoules faites de sacs en plastique qu'on lui scotchait apparemment sur la tête.
S'exprimant devant le tribunal après le verdict, Craig Emmerson, inspecteur en chef de la police du Surrey, a évoqué des violences «indescriptibles» subies par la fillette. «Cette affaire est choquante et horrible, pour ceux qui la connaissaient et l'aimaient, mais également pour les gens à travers le pays et dans le monde», a-t-il ajouté.
L’inspecteur a par ailleurs dénoncé l'attitude du père, de la belle-mère et de l'oncle de Sara qui «n'ont cherché qu'à protéger leurs propres intérêts (...) et n'ont montré aucun remords pour leur terrible comportement».
Une famille suivie par les services sociaux
«Nous avons tous vu l'éclatant sourire de Sara sur les photos, mais toutes les personnes impliquées dans cette affaire se souviendront pour toujours des blessures horribles et du traitement brutal qu'elle a reçu» a déclaré de son côté devant les journalistes la représentante du bureau du procureur Judith Reed.
Le procès a aussi mis en lumière l'échec des services sociaux, qui suivaient la famille de Sara, dont la garde avait été retirée à sa mère et accordée à son père. Ils n'ont pas détecté les violences subies par la jeune fille malgré un signalement de son école.
Son institutrice, venue témoigner, a raconté que Sara était arrivée en classe avec un hijab en janvier 2023 alors qu'elle était la seule de sa famille à en porter, et tirait dessus pour cacher des traces qu'elle ne voulait pas expliquer.
La famille avait par la suite déménagé en avril 2023 et Sara n’était pas retournée à l’école.