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Procès de «Ma Dalton» : Marie-Thérèse Garcia jugée dès ce mardi pour le meurtre de Corinne Di Dio, retrouvée démembrée dans une malle il y a 30 ans

Une rivalité amoureuse pourrait être le motif du meurtre de Corinne Di Dio. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Surnommée «Ma Dalton», Marie-Thérèse Garcia doit être jugée dès ce mardi 16 juin pour le meurtre de Corinne Di Dio, retrouvée démembrée dans une malle flottant sur la Seine, il y a plus de 30 ans.

Une affaire longue et fastidieuse. Plus de 30 ans après les faits, Marie-Thérèse Garcia, surnommée «Ma Dalton», va être jugée dès ce mardi par la cour d'assises des Yvelines pour le meurtre de Corinne Di Dio survenu en juin 1995.

Dans cette affaire d'homicide hors normes, restée non élucidée pendant des décennies, Antonio Marquez Gomez, ancien compagnon de la victime et père de leur fils Romain, est accusé des mêmes crimes que Marie-Thérèse Garcia. Recherché pour trafic de stupéfiants, cet ex-braqueur qui est en fuite fait l'objet d'un mandat d'arrêt international.

Pour rappel, le 28 juin 1995, le corps de Corinne Di Dio, alors âgée de 37 ans, a été repêché dans une caisse métallique dérivant sur la Seine près de La Roquette, dans l'Eure.

Décapitée, les pieds et mains coupés, la victime avait reçu quatorze coups de couteau, dont plusieurs mortels au niveau du thorax. Son identification n'avait pu être possible que deux ans plus tard, en 1997, grâce à des analyses ADN.

Deux non-lieux déjà prononcés

Rapidement les soupçons se sont portés sur Marie-Thérèse Garcia, une connaissance de longue date de la victime, qui déposait régulièrement son fils chez elle, à Saint-Hilarion dans les Yvelines.

Selon l’ordonnance de mise en accusation, le mobile du crime pourrait être un contexte de rivalité sentimentale entre l'accusée et la victime ainsi qu'une grande proximité entre Marie-Thérèse Garcia et Antonio Gomez Marquez, qui souhaitait récupérer la garde de Romain.

Toutefois, l’affaire a connu de nombreux rebondissements puisque, faute de preuves, deux non-lieux ont été prononcés, d’abord en mars 2000 puis en avril 2008.

Si «Ma Dalton», était la suspecte principale, d'autres pistes ont été examinées par les enquêteurs, dont celle de Jean-Jacques Maurice, figure du grand banditisme dans les années 1980. Ancien petit ami de Corinne Di Dio, il aurait nourri une rancœur tenace à son égard après qu'elle a témoigné contre lui.

L'accusation n'a toutefois pas retenu de charges suffisantes à son encontre. De plus, Jean-Jacques Maurice s'est suicidé en prison en juin 1997, rendant impossible toute poursuite à son encontre.

Classée à la suite du non-lieu de 2008, l’affaire Corinne Di Dio avait été rouverte en 2012 après l'exploitation d'écoutes téléphoniques d'une petite-fille de Marie-Thérèse Garcia. Dans ces appels, elle avait affirmé avoir vu dans sa jeunesse «une bonne femme se faire couper en morceaux».

Depuis le début de l’affaire, Marie-Thérèse Garcia, aujourd’hui âgée de 79 ans, clame son innocence. Elle a été mise en examen et placée en détention provisoire à Versailles en mai 2023.

Un dossier en défaveur de l’accusée

En amont de l’audience, Me Najwa El Haïté, l'une des avocates de l'accusée, a indiqué : «Tout l'enjeu du procès sera de prouver qu'il n'y a aucun élément nouveau par rapport aux deux non-lieux de 2000 et de 2008».

Parmi les éléments à charge retenus par l'instruction, des cheveux retrouvés dans la malle contenant le corps de Corinne Di Dio. Leur analyse a permis de déterminer que leur profil mitochondrial était compatible avec Marie-Thérèse Garcia.

Pour la défense, ces traces capillaires sont loin d'être une preuve matérielle, d'autant que leur couleur diffère de celle des cheveux de Marie-Thérèse Garcia au moment des faits.

Plusieurs témoignages, dont ceux de Romain, d'une des deux filles de l'accusée ou encore de son ex-compagnon, qui est également le frère d'Antonio Gomez Marquez, sont venus gonfler le dossier, souvent en défaveur de Marie-Thérèse Garcia.

L'ordonnance rappelle d'ailleurs le surnom peu flatteur de «Ma Dalton» attribué par son ex-gendre, qui la décrit comme «manipulatrice» et «tordue» comme le personnage de la bande dessinée Lucky Luke.

La défense insiste, quant à elle, sur un contexte familial explosif, émaillé de conflits patrimoniaux et de procédures judiciaires. Les conseils de l'accusée mettent également en avant son âge avancé et alertent sur son état de santé qui «se détériore de jour en jour», selon Me El Haïté.

«Nous arrivons à ce procès conscients qu'il est déjà en soi une victoire contre l'oubli et le cynisme de Marie-Thérèse Garcia et de Antonio Gomez Marquez», a réagi auprès de l'AFP Me Joseph Cohen-Sabban, avocat des parties civiles.

«Nous sommes, la famille Di Dio et moi-même, déterminés à faire triompher la vérité et ainsi faire honneur à la mémoire de Corinne», a-t-il ajouté.

Le procès doit se dérouler durant plus de deux semaines et le verdict est attendu le 3 juillet.

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