Dans un communiqué publié ce mercredi 29 janvier, le parquet national antiterroriste (PNAT) a confirmé la mise en examen et le placement en détention de Mehdi B., l’individu suspecté d'avoir agressé au couteau un client dans un supermarché d’Apt (Vaucluse) en criant «Allah Akbar».
L'étau judiciaire se resserre. À la suite de l’attaque au couteau dans un supermarché d’Apt, le 25 janvier dernier, le parquet antiterroriste a confirmé la mise en examen de Mehdi B., le principal suspect de 32 ans interpellé le jour des faits, du chef de «tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste», et son placement en détention provisoire, a indiqué le parquet national antiterroriste (PNAT), ce mercredi 29 janvier, dans un communiqué, notant l’ouverture d’une information judiciaire.
Le jour du drame, cet individu était entré dans un intermarché de la ville et s'était dirigé vers la ligne des caisses. Il s'était ensuite positionné derrière un couple avant de porter des coups de couteau violents à la gorge de l’homme et sur le haut de son corps.
Lors des faits, des témoins avaient entendu Mehdi B. crier «Allah Akbar» à plusieurs reprises. Une arme, soit un couteau de cuisine «avec un manche en bois, dont la lame de 9cm s’était brisée», selon les informations communiquées, avait été retrouvée au sol, près des caisses.
Neutralisé par un vigile, l’individu avait ensuite été interpellé par les gendarmes, «arrivés rapidement sur les lieux», avait précisé le PNAT. Mehdi B. «né à Apt, de nationalité française, sans emploi et sans revenu, résidait à proximité du supermarché, chez un membre de sa famille», avait ajouté le parquet antiterroriste.
Un intérêt pour le Hamas et Daesh
Ce trentenaire est bien connu de la justice. Il compte trois condamnations à son casier judiciaire, dont une pour des infractions à la législation sur les explosifs remontant au 22 novembre 2017. À l’époque, le tribunal judiciaire d’Avignon avait prononcé à son encontre une peine de six ans d’emprisonnement et un suivi socio-judiciaire pendant trois ans.
«Les investigations réalisées alors avaient notamment mis en évidence la confection d’une ceinture explosive factice et la détention, à son domicile, de plusieurs kilos de TATP en cours de fabrication de liquides et de matériels servant à la fabrication d’engins explosifs», a rappelé le PNAT dans son communiqué, précisant que «les investigations ne permettaient pas alors de caractériser un projet terroriste» malgré l’intérêt de cet individu pour le Hamas et Daesh.
Cependant, c’est au cours de son incarcération qu’un rapprochement avec des individus douteux a été observé. De plus, pendant cette période, Mehdi B. a développé un attrait pour la littérature salafiste, prônant le jihad armé. En outre, des sortes de périodes de pratique religieuse radicale ont été constatées. Ces évaluations avaient conduit Mehdi B. à exécuter sa peine en quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR), toujours selon la même source.
Aucun lien avec une organisation terroriste établi à ce stade
Après avoir effectué la partie ferme de sa condamnation, cet individu est sorti de prison en 2021. Puis, il a effectué le suivi socio-judiciaire, comme prévu, pendant une durée de trois ans, soit jusqu’à septembre 2024. Si Mehdi B. est décrit par son entourage comme étant «isolé» et comme «ayant intensifié sa pratique religieuse depuis dix-huit mois et tenant des propos complotistes et hostiles aux institutions étatiques», «aucun lien avec une organisation terroriste n’est établi à ce stade», argue le PNAT.
«Les investigations sur sa personnalité devront être poursuivies dans le cadre de l’information judiciaire, plusieurs membres de son entourage évoquant un état dépressif sévère en suite d’un épisode psychotique intervenu en 2022», ajoute le parquet antiterroriste. À noter qu’au cours de sa garde à vue, dans le cadre de l’agression au couteau du 25 janvier 2025, Mehdi B. a reconnu les faits, tout en contestant «toute intention d’homicide».