Deux individus ont été mis en examen et écroués ce mardi, une semaine après qu'un homme a été découvert mort sur le quai du tramway T3b à la Porte de Pantin, dans le 19e arrondissement de Paris.
Un «acharnement» de l'auteur sur la victime. Placés en garde à vue le 15 avril dernier dans le cadre d'une enquête désormais requalifiée d'assassinat, deux individus d'origine somalienne ont été mis en examen et écroués ce mardi. Cela fait suite à la découverte du corps sans vie d’un homme sur le quai du tramway T3b à la Porte de Pantin à Paris.
En effet, une enquête avait été ouverte pour meurtre le 15 avril. Les investigations, désormais confiées à un juge d'instruction, ont été requalifiées après identification des deux hommes par vidéosurveillance.
Dans le détail, le cadavre de la victime avait été retrouvé aux alentours de 6h du matin le 15 avril dernier, sur le quai du tramway T3b à la station Porte de Pantin, située dans le 19e arrondissement de la capitale. Malgré l’intervention des secours, l’homme était déjà décédé. À la suite de ces faits, deux individus avaient été placés en garde à vue peu avant 8h, avait indiqué le parquet de Paris à l’AFP.
Une passivité dénoncée pour l'un
Le principal suspect, un Somalien né en 1996, a été mis en examen mardi pour assassinat, puis placé en détention provisoire. L'autre homme, un Somalien de 34 ans, est poursuivi pour non-assistance à personne en danger et non-dénonciation de crime.
Lors d'une audience devant une juge des libertés et de la détention, à laquelle l'AFP a assisté, le parquet a déploré sa «passivité» face à «l'acharnement» de l'auteur sur la victime, aussi Somalien, 35 ans et sans domicile fixe.
«Au moment des faits, il ne s'est pas interposé par crainte pour sa vie», a fait valoir son avocat à l'audience. «Pourquoi est-il le seul mis en cause, alors que des dizaines de témoins ont vu la scène de violence inouïe sans intervenir ?». «S'il porte la victime jusqu'au tramway, c'est pour qu'une ambulance le prenne en charge. En vérité, on reproche à ce monsieur d'être misérable», a déploré le conseil, soulignant que son client vivait sans domicile fixe et en situation irrégulière.
Il a demandé à ce que son client ne soit pas écroué, afin de ne pas aggraver «l'océan de misère dans lequel il est déjà en train de se débattre pour rester à la surface». A l'image de ce dossier judiciaire où l'assassin présumé s'en serait pris à la victime, «un ami», pour «1,50 euro».
La juge des libertés et de la détention a toutefois décidé de son incarcération. «Je ne reprocherais pas à Monsieur de ne pas avoir fait barrage (à l'auteur) de son corps» lors des faits, a justifié la magistrate, mais il aurait «dû faire davantage» pour venir en aide à la victime. Elle a souligné son état alcoolisé au moment des faits, ce qui «a pu altérer son jugement».