La proviseure d’un lycée de Dreux a été traitée de «raciste» par le père d’une candidate au baccalauréat ayant pourtant été autorisée à passer l'épreuve de philosophie, mais dans une salle isolée car voilée et vêtue d’une abaya. Une plainte a été déposée.
Un incident marquant qui a perturbé le bac de philosophie dans ce lycée. Ce lundi 16 juin, les bacheliers étaient invités à passer l’épreuve de philosophie dans les différents établissements scolaires de l’Hexagone. Au cours de cette journée, une affaire a éclaté au lycée Rotrou de Dreux (Eure-et-Loir), un site transformé en centre d’examen.
En effet, une étudiante, majeure et inscrite en tant que «candidate libre», s'est présentée dans ce lycée pour passer l’épreuve. Or, la jeune femme était vêtue d’une abaya et d’un voile, a appris CNEWS ce jeudi du rectorat d’Orléans-Tours, confirmant une information d’Europe 1.
Le règlement intérieur du lycée est pourtant très clair : Il est interdit de se présenter aux épreuves avec des tenues à caractère religieux. Outre ce texte, la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques stipule que «dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit».
De ce fait, le personnel du lycée a demandé à cette candidate de retirer son voile et son abaya, sauf que le fait que la jeune femme était inscrite en tant que «candidate libre» a quelque peu changé la donne.
Le rectorat apporte son soutien à la proviseure
Le rectorat a en effet rappelé à CNEWS qu'à ce titre, la candidate «n’est pas soumise à la loi du 15 mars 2004, qui interdit le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans les établissements scolaires publics (écoles, collèges et lycées)».
Par conséquent, et après que la directrice du lycée a pris attache avec la division des affaires juridiques du rectorat, la jeune femme a été autorisée à passer son baccalauréat, mais dans une salle isolée, sous la supervision d’un examinateur dédié uniquement à sa surveillance.
Des vérifications ont alors été effectuées afin de s’assurer que la candidate ne portait pas de montre connectée, ni d’oreillette, comme l’indiquent nos confrères d’Europe 1. Visiblement, cette initiative n’a pas plu à son père, en dépit des moyens déployés pour que sa fille puisse passer l'épreuve. L’homme s’est donc déplacé à l’établissement scolaire mardi pour se plaindre de ce qu’il estime être une «discrimination» dont sa fille a été victime, traitant la proviseure du lycée Rotrou de «raciste».
Le rectorat d’Orléans-Tours a réagi à CNEWS. «Nous avons bien eu connaissance des propos tenus par le père de la candidate. Nous tenons à exprimer notre plein soutien à la proviseure du lycée, qui a géré cette situation de manière exemplaire et a tout mis en œuvre pour permettre à l’élève de passer son examen dans de bonnes conditions», nous dit-on.
D'après nos confrères, la proviseure a déposé plainte. Pour rappel, selon un sondage dévoilé en juillet 2024 par CNEWS, 8 Français sur 10 se disent «opposés au port de l’abaya à l’école».