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Hauts-de-Seine : une nourrice sous OQTF jugée ce mardi pour avoir empoisonné les aliments d’une famille juive avec des produits ménagers

Une nourrice algérienne de 42 ans sous OQTF va comparaître ce mardi 9 décembre devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour avoir sciemment versé en janvier 2024 des produits ménagers toxiques dans les boissons et la nourriture de la famille qui l’employait.

Une affaire grave sur fond d’antisémitisme. Une Algérienne âgée de 42 ans, sous OQTF depuis février dernier, va être jugée ce mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour avoir versé en janvier 2024 des produits ménagers toxiques dans les produits alimentaires consommés par la famille qui l’employait, composée d’un couple et de trois enfants de 2, 5 et 7 ans.

Pour obtenir ce poste de nourrice en novembre 2023, elle a notamment eu recours à un document falsifié, à savoir une carte nationale d’identité belge. Elle sera poursuivie pour ce motif ce mardi, ainsi que pour «administration de substance nuisible suivie d’incapacité supérieure à huit jours commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion», selon une information du Parisien confirmée par le service police-justice de CNEWS.

Des agents chimiques retrouvés dans l’alcool et les pâtes

Dans la soirée du 29 janvier, la mère de famille a remarqué, quelques minutes après le départ de l’accusée, une odeur de javel dans le vin et de la mousse émanant d’une bouteille de jus de raisin, avant de se rendre au commissariat le lendemain pour y porter plainte.

Les expertises toxicologiques menées par les enquêteurs ont démontré une présence importante de polyéthylène glycol (PEG) et d’agents chimiques dans le vin, le whisky, l’alcool de figue, le jus de raisin et les pâtes. L’Ordonnance de renvoi du tribunal correctionnel (ORTC) a confirmé que ces produits sont «nocifs, voire corrosifs pouvant provoquer de graves blessures du tube digestif».

«J’aurais jamais dû travailler pour une juive»

Après avoir d’abord nié les faits reprochés lors d’une garde à vue, l’accusée a affirmé lors de la perquisition de son domicile qu’elle n’aurait «jamais dû travailler pour une juive» car «elle n’a fait que m’apporter des problèmes».

Le juge d’instruction s’est appuyé sur cette phrase retranscrite dans le procès-verbal pour qualifier ce fait de circonstance aggravante en raison des «clichés antisémites sur le rapport au pouvoir et à l’argent» véhiculés.

La quadragénaire a révélé lors de sa garde à vue avoir versé «lotion à base savonneuse» dans les denrées alimentaires, évoquant un «avertissement» après des tensions salariales avec ses employeurs. «J’étais énervée, ils me manquaient de respect (…) Je savais que cela leur ferait peut-être ressentir des douleurs, mais pas au point de les tuer», a assuré la mise en cause.

«Un problème de classe et de ressentissement financier»

Son avocate, Solange Marle, a vivement contesté la qualification antisémite de l’accusation, évoquant plutôt une profonde jalousie.

«Les propos incriminés prononcés restent centrés sur un problème de classe et de ressentiment financier», a défendu l’avocate, ajoutant que «les substances ciblées se trouvaient uniquement dans les boissons des parents, et non celles des enfants». L’expertise psychiatrique de l’accusée a conclu à l’absence de trouble ayant aboli ou altéré son discernement.

L’exploitation du téléphone de la nourrice a pourtant révélé des recherches Google sur l’identité du couple en décembre 2023, ainsi que sur «les juives berbères» et les «pratiques religieuses du judaïsme». L’ORTC a également mis en avant «plusieurs publications en lien avec le conflit israélo-palestinien» postées sur Facebook.

A l’origine, la nourrice avait été mise en examen pour «tentative d’empoisonnement», mais les faits ont été requalifiés car les expertises n’ont pas établi que les produits versés étaient «de nature à entraîner la mort», comme cela doit être le cas pour être considéré pénalement comme un empoisonnement.

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