Emmanuel Abayisenga, soupçonné de l’assassinat du prêtre Olivier Maire en Vendée en août 2021, va être jugé devant la cour d’assises à La-Roche-sur-Yon du 19 au 22 janvier prochain, a indiqué le parquet ce mardi.
Un procès plus de quatre ans après les faits. Le parquet de La-Roche-sur-Yon a indiqué, ce mardi 6 janvier, qu’Emmanuel Abayisenga, de nationalité rwandaise et mis en cause dans l’assassinat du père Olivier Maire à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, en août 2021, doit être jugé du 19 au 22 janvier prochain devant la cour d’assises du département.
Cet homme de 45 ans a déjà été condamné en 2023 à quatre ans de prison pour avoir déclenché l’incendie de la cathédrale de Nantes en 2020. Mais les faits pour lesquels il doit comparaître à la mi-janvier sont survenus dans la nuit du 8 au 9 août 2021.
A l’époque, l’autopsie avait révélé que la victime était morte à la suite de coups violents portés à la tête. Au total, le corps du père Olivier Maire présentait «six lésions». Celles-ci «ont entraîné des hémorragies internes et externes, le décès étant, selon les conclusions du médecin légiste, intervenu rapidement après que les coups aient été portés», selon le parquet de La-Roche-sur-Yon.
Comme le rappelle l’AFP, Emmanuel Abayisenga était sorti fin juillet 2021, quelques jours avant les faits, d'une hospitalisation en psychiatrie de plus d'un mois. Il avait été auparavant incarcéré dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de la cathédrale de Nantes.
A sa sortie de prison, il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec une obligation de résidence au sein de la communauté religieuse des Montfortains, dont le prêtre Olivier Maire était le supérieur provincial. Arrivé en France en 2012, le mis en cause avait été bénévole pour le diocèse de Nantes à partir de 2016. Ses demandes d'asile n'ont jamais abouti.
«S'en prendre à un homme d'église, c'est toujours s'en prendre à l'âme de la France»
Le prêtre Olivier Maire était père supérieur de la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Sa mort avait provoqué un vif émoi et le pape François avait à l’époque évoqué la «douloureuse» tragédie lors de son audience publique hebdomadaire.
Alors que plusieurs politiques avaient dénoncé la présence du suspect en France malgré une obligation de quitter le territoire (OQTF) suspendue en raison d’un contrôle judiciaire, Gérald Darmanin, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait expliqué que «nous ne pouvions pas exécuter la décision d'expulsion du territoire national de cette personne puisqu'elle a été pendant plusieurs mois en prison puis libérée sous contrôle judiciaire».
«Ce contrôle judiciaire stipulait explicitement qu'il ne pouvait pas quitter le territoire en attendant la décision de justice», avait-il ajouté.
Gérald Darmanin avait également indiqué que «s'en prendre à un prêtre, s'en prendre à un homme d'église, c'est toujours s'en prendre à l'âme de la France. (...) Je veux dire à quel point nous pensons et nous voulons que la vérité soit faite sur cet acte odieux».