Six ans d'emprisonnement ont été requis ce lundi 12 janvier à l'encontre de deux ex-policiers de la brigade des stupéfiants, jugés à Paris pour avoir substitué des saisies de cocaïne par du plâtre ou de la pâte à sucre.
Une combine bien rodée. Deux ex-policiers de la brigade des stupéfiants, sont jugés à Paris pour avoir substitué des saisies de cocaïne par du plâtre ou de la pâte à sucre.
La procureure de la République a requis ce lundi six ans d'emprisonnement à l’encontre des deux hommes. Elle a également réclamé contre Thierry C., aujourd'hui 60 ans, la confiscation des 600.000 euros qui avaient été saisis sur ses comptes durant l'enquête, et 200.000 euros d'amende contre Christophe J, aujourd'hui 50 ans.
Le premier, capitaine, et le second, brigadier, collègues de nuit à la brigade des stupéfiants de Paris, avaient été interpellés en décembre 2022, puis rapidement placés en détention provisoire. Ils ont jusqu'alors passé deux ans sous les verrous mais comparaissaient libres mais ont été radiés de la police.
Le binôme, lié amicalement, a reconnu avoir procédé, entre juin 2020 et jusqu'à son arrestation, à huit substitutions de saisies de cocaïne : en tout, neuf kilos de poudre blanche détournée, remplacée par du plâtre ou de la pâte à sucre, que les deux hommes reconditionnaient dans les pochons originaux.
«L'estimation de la valeur marchande, c'est jusqu'à 630.000 euros», a rappelé la présidente du tribunal correctionnel. Sauf que si l'instruction a mis en évidence la détention et le transport de stupéfiants, la «cession», c'est-à-dire la vente du produit illicite, n'a pu être caractérisée.
Un supérieur harceleur
A la barre, les deux mis en cause ont maintenu leur version : la cocaïne était cachée dans le faux plafond au-dessus des douches des femmes, situées au même quatrième étage que leurs bureaux du siège de la police judiciaire.
Pourquoi ? Séparation amoureuse, anxiété liée au Covid et, surtout, harcèlement subi par leur supérieur, ont en substance expliqué les ex-policiers.
«C'est le truc le plus débile, le plus idiot, le plus grave que j'ai fait. Mais on n'est pas reconnu, on nous prend pour des moins que rien, et ben puisque c'est comme ça, on se comporte comme des moins que rien», avance l'ancien capitaine Thierry C.
Son comparse a ajouté que leur chef était «la pire personne que j'ai pu rencontrer en terme de management».
Les deux ont assuré que c'est l'imminence de l'accouchement de la compagne du premier qui a agi comme un électrochoc : ils ont alors décidé de mettre fin à leurs agissements et de vider la drogue stockée au-dessus de leur tête dans les toilettes.
«Je veux bien entendre toutes les explications possibles. Rien de tout ça n'explique que pendant deux ans, la cocaïne reste dans les faux plafonds, jusqu'à neuf kilos dans huit procédures distinctes, pour ne rien en faire. Rien ne colle», s'est montrée dubitative la procureure.
La décision doit être rendue le 24 février.