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Meurtre de Lyhanna : le ministre de la Justice «devrait pouvoir donner des instructions individuelles» aux procureurs, estime Édouard Philippe

Le maire du Havre s’est prononcé en faveur de l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs. [Martin BUREAU / AFP]

Edouard Philippe a appelé à revenir sur la loi Taubira qui interdit au ministre de la Justice d'adresser aux procureurs de la République des instructions dans des affaires individuelles. 

Depuis la découverte du parcours judiciaire du principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, les réactions politiques affluent. Ce drame a notamment remis au centre du débat le rôle du parquet, une partie de la classe politique pointant les dysfonctionnements de la justice. Interrogé sur cette affaire, Edouard Philippe a plaidé pour un retour des «instructions individuelles» du ministre de la Justice aux procureurs.

«Le parquet met en œuvre la politique pénale, qui est une politique publique. Et je ne comprends pas qu’une politique publique puisse être faite indépendamment du gouvernement», a déclaré Edouard Philippe dans un entretien accordé au Parisien, publié ce samedi 13 juin. «Non seulement je pense que le parquet doit rester sous l’autorité du garde des Sceaux, mais (…) le ministre devrait pouvoir donner des instructions individuelles», a ajouté le maire du Havre.

Depuis la loi relative aux attributions du Garde des sceaux et des parquets en matière de politique pénale et d'action publique, l’indépendance du parquet a été renforcée. Ce texte, entré en vigueur en 2013, interdit en effet à la Chancellerie d’adresser des instructions dans des affaires individuelles, cela dans l’objectif d’éviter toute ingérence politique dans des dossiers. 

La prescription au centre du débat

Edouard Philippe a également avancé plusieurs pistes de réforme de la justice. «Je propose ainsi que chaque dénonciation, chaque plainte donne tout de suite lieu à une évaluation et à prendre, si nécessaire, des mesures immédiates de protection», a déclaré l’ex-Premier ministre. «Quand il y a un risque, ce n’est pas à l’enfant de partir mais à l’adulte soupçonné», a-t-il affirmé.

Le candidat d'Horizons à la présidentielle a également plaidé pour la mise en place d’un dispositif visant à permettre «aux parents d’avoir l’information suffisante sur les adultes qui rentrent en contact avec leurs enfants». En ce sens, il a évoqué la «Sarah’s Law», une loi britannique instaurée après l'enlèvement et la mort d'une enfant de 8 ans en 2000. 

Enfin, le maire du Havre s’est dit favorable à l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs. «Passer à l’imprescriptibilité permettrait de faire savoir aux auteurs qu’ils ne seront jamais ni sereins ni à l’abri», a-t-il avancé. 

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