Une assistante d’éducation d’un collège de l’Oise est jugée pour «insulte raciste», pour avoir réprimandé des élèves qui jouaient avec leur nourriture en leur disant : «Il y a des petits Africains qui meurent de faim». L'un d'eux a porté plainte.
Une remarque qui l'a conduite au tribunal. Une assistante d’éducation de 28 ans est jugée dans l’Oise pour «injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion», pour avoir réprimandé des élèves qui jouaient avec leur nourriture en septembre 2024.
Au moment des faits, la surveillante avait ainsi tancé un groupe d’élèves de troisième en leur déclarant : «Ne jouez pas avec la nourriture, finissez votre pain. Il y a des petits Africains qui meurent de faim». Une phrase qui a particulièrement choqué un des élèves d'origine antillaise.
Est-ce raciste de parler “des petits africains qui meurent de faim” ?
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Jugée ce mardi 28 avril devant le tribunal de police de Beauvais, l’assistante d’éducation (surveillante de collège, NDLR) a indiqué aux magistrats : «Mon intention n’était pas de blesser, je voulais juste leur faire prendre conscience de la chance qu’ils avaient de manger à leur faim.»
De son côté, l'élève qui a porté plainte a témoigné durant l’audience, déclarant : «Elle nous a regardés et a dit ça comme si c’était notre sort ou celui de nos familles».
La surveillante soutenue par la direction
L'adolescent a par ailleurs indiqué que la surveillante l'avait appelé «chocolat», des faits qu'elle nie catégoriquement et qui n'ont pas été retenus par la justice.
Le procureur a toutefois estimé que les propos tenus par cette représentante de l'autorité étaient graves et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), partie civile dans cette affaire, a de son côté déploré un «racisme ordinaire qui s’insinue dans le quotidien scolaire».
La direction de l’établissement scolaire a, pour sa part, précisé que la surveillante n’avait jamais été au cœur d’un signalement pour racisme avant la commission des faits.
Selon nos confrères d'Europe 1, la jeune femme a reçu le soutien de ses collègues et des enseignants de l'établissement qui ont estimé que l'affaire avait pris des proportions disproportionnées.
«Comme il y a du racisme localement, l'élève joue avec cela» a estimé une professeure de français de l'établissement. Par ailleurs, 33 des 35 enseignants se sont mis en grève le jour de l'audience par solidarité.
La surveillante sera fixée sur son sort le 25 mai prochain.