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Maine-et-Loire : jugé pour injures racistes, le conseiller municipal et militant identitaire Jean-Eudes Gannat fixé ce mercredi

Jean-Eudes Gannat encourt quatre ans de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende. [SEBASTIEN BOZON / AFP]

Le tribunal d’Angers doit rendre ce mercredi 10 juin sa décision dans le procès du militant identitaire Jean-Eudes Gannat. Celui qui est aussi conseiller municipal d'opposition à Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire) est jugé pour injures publiques racistes.

Des propos épinglés. Jugé en mai pour injures publiques racistes après la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux en novembre dernier, le conseiller municipal de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire) et militant identitaire, Jean-Eudes Gannat doit être fixé ce mercredi 10 juin. 

Le 4 novembre dernier, Jean-Eudes Gannat avait partagé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il filmait cinq personnes aux abords d’un supermarché. Le conseiller municipal avait légendé les images en déclarant : «Marre de vivre avec les cousins des Talibans jusqu'au fin fond de nos campagnes».

Le prévenu associait de fait les réfugiés afghans à des talibans. Face à cette vidéo, une plainte avait été déposée à l’encontre du militant identitaire qui fait face à la barre aux cinq personnes de la vidéo mais également aux associations SOS Racisme et la Ligue des droits de l’Homme.

la liberté d’expression revendiquée

«Ce qui dérange surtout, ce sont les propos. C'est de l'injure raciste parce qu'on essentialise des Afghans aux talibans autoritaires et terroristes. Ces cinq personnes ont fui ce régime et sont victimes de ce régime», a estimé maître Jean de Bary, avocat des victimes lors de l’audience. «Ce sont des propos violents, méprisants, dévalorisants, outrageants», a-t-il ajouté.

Adbu Jamil, président de la Ligue des droits de l’Homme du département, a estimé de son côté : «On est dans un État de droit, donc on se doit le respect envers ces réfugiés qui ont fui la guerre (…) On attend que justice soit faite pour toutes les personnes qui sont stigmatisées».

Pour sa part, Jean-Eudes Gannat a estimé ne pas être en faute. «On est en train d'essayer de me culpabiliser. On raconte que je suis un criminel parce qu'ils sont en danger de mort là-bas, donc ma position est la même et ce sera ma seule déclaration», avait-il indiqué, estimant la procédure nulle et arguant avoir simplement exercé son droit à la liberté d’expression.

Lors de l’audience, le parquet d’Angers a requis à son encontre quatre ans de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende.

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