Meurt-on encore du Sida en France ?

Un centre d'appel pour les dons pour l'opération Sidaction.[FRANCOIS GUILLOT / AFP]

Comme chaque année, le Sidaction - dont l'édition 2012 a démarré vendredi matin - est l'occasion de se pencher sur cette maladie dont l'impact, en France, semble diminuer. Pourtant, si les progrès médicaux ont permis d'améliorer considérablement la prévention et le traitement du VIH, les Français doivent encore faire de substantiels progrès en matière de dépistage.  

Les chiffres sont incontestablement en baisse, même si 115 personnes ont encore été victimes du Sida en 2010 d’après l’Institut national de veille sanitaire. Mais au début des années 2000, on déplorait près de 600 décès par an. Cette diminution particulièrement significative de la mortalité repose en particulier sur l'amélioration de la prise en charge médicale. Pourtant, la vigilance doit rester de mise : 150.000 individus seraient porteurs du virus aujourd'hui et 6000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année.

Une révolution thérapeutique ?

L'introduction de la trithérapie au cours des années 90 a permis une véritable révolution et suscité de nombreux espoirs après des années d'hécatombe. En combinant trois molécules, les chercheurs ont permis de porter un coup d'arrêt à la prolifération du virus au sein des organismes. Depuis, l'approche s'est affinée et l'on parle désormais de multithérapies, encore plus efficaces, a pris le relais. Chez de nombreux patients, les médecins ont ainsi constaté la disparition de trace du virus dans le sang, même s'il n'avait toutefois pas totalement disparu de l’organisme. Autrefois très lourds, ces traitements se sont nettement allégés et il n'est plus nécessaire d'ingérer des dizaines de gélules chaque jour. Dernier progrès significatif à mentionner : la trithérapie d’urgence qui s'est développée dans les années 2000. Ce traitement, administré au lendemain d’une prise de risque, permettrait d'éviter la contamination dans plus de 90% des cas selon les médecins. On en vient aujourd'hui à considérer, parfois, que le SIDA est devenue une maladie chronique.

Le chantier du dépistage

Aujourd'hui, c'est en matière de dépistage que de nombreux progrès restent à faire. Car la contamination est bien souvent le fait de personnes qui ignorent qu'elles sont porteuses du dépistage. D’après les pouvoirs publics, près de 50 000 Français seraient ainsi contaminés sans le savoir. Pourtant, au-delà de son caractère anonyme et gratuit, le dépistage est de plus en plus performant : ses résultats sont de plus en plus précis et rapides. Les tests permettent de connaître sa sérologie en une semaine dans la plupart des centres, tandis que le TROD (traitement rapide d'orientation du diagnostic) conduit à se faire une première idée en... 30 secondes - en attendant une confirmation précise du résultat. Pourtant, le réflexe semble encore loin d'être acquis. Et les améliorations de la prise en charge médicale pourraient comporter un effet pervers : laisser penser dans l'opinion que le dépistage n'est plus une démarche cruciale pour faire reculer la maladie. Une dérive que la nouvelle édition du Sidaction compte bien enrayer.

Vous pouvez faire un don et aider la recherche contre le Sida en appelant le 110 ou en vous connectant sur le site internet du Sidaction.

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