Thierry Le Paon : "Hollande a oublié pourquoi il a été élu"

Thierry Le Paon.[JEFF PACHOUD / AFP]

Adoubé par le parlement de la CGT, mercredi dernier, Thierry Le Paon est le nouveau secrétaire général du premier syndicat de France. Une succession qui sera effective en mars prochain et qui s’annonce d’ores et déjà difficile.

 

Votre désignation met fin à six mois de "guerre de succession". La CGT ne sort-elle pas affaiblie ?

Non. Le choix de Bernard Thibault de voir une femme lui succéder n’a pas été validé. Ce n’est pas un drame. C’est aussi çà la démocratie dans une organisation. Ma candidature a fait l’unanimité [2 abstentions et 14 voix pour]. C’est celle du rassemblement. Maintenant il faut travailler ensemble sur notre objectif commun : changer le quotidien des salariés.

 

Six mois après, quel regard portez vous sur l’action du gouvernement ?

Force est de constater que François Hollande semble oublier pourquoi il a été élu : les salaires, l’emploi, la protection sociale... On s’attendait à ce qu’il fasse autre chose que Nicolas Sarkozy.  Au lieu de cela, que fait-il ? Un cadeau de 20 milliards d’euros aux entreprises. Aujourd’hui, le président tend plus l’oreille au patronat qu’aux salariés.

 

L'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires appelle à une mobilisation nationale demain. S’agit-il d’un avertissement au gouvernement ?

Cette journée s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation européenne contre les politiques d’austérité. Nous y sommes, à une échelle différente des Espagnols ou des Grecs, confrontés. Aujourd’hui, le gouvernement doit nous écouter. Il ne peut pas augmenter le SMIC que de quelques euros sans tenir compte de l’inflation et laisser les gros industriels licencier pour faire plus de profits. Il faut faire porter l’effort sur tout le monde et non seulement les salariés.

 

Après la CFDT vous a lourdement critiqué pour avoir organisé une manifestation seule en octobre, vous vous retrouverez derrière la même banderole pour la première fois depuis que l’accession au pouvoir de François Hollande. La paix est donc faite ?

Nous ne sommes pas d’accord sur tous les sujets, c’est vrai. Notamment sur la question du coût du travail. Mais, nous sommes dans une période difficile, et la division est l’arme des patrons. Il faut avancer uni. Nous devons travailler ensemble désormais et débattre sur le fond des problèmes.

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