Les enseignes de bricolage Leroy-Merlin et Castorama étaient déterminées samedi à ouvrir dimanche leurs magasins franciliens frappés d'une interdiction de travail dominical, en dépit d'une mise en garde du ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon.
"Il est inadmissible qu'une marque n'applique pas une décision de justice", a dit à la presse le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, en déplacement au Vieux-Boucau (Landes, sud-ouest).
Un avertissement que semblent vouloir ignorer les deux chaînes de bricolage qui ont reçu jeudi l'ordre de cesser d'ouvrir 15 de leurs magasins de la région parisienne le dimanche par le Tribunal de Commerce de Bobigny, en banlieue de Paris.
"Nous maintenons pour ce dimanche l'ouverture des neuf magasins" qui ont été condamnés à cesser l'activité dominicale par la justice, a annoncé à l'AFP un porte-parole de Leroy Merlin, quitte à "prendre le risque des astreintes".
"Nous avons pris la décision de ne pas pénaliser nos équipes et nos clients", a expliqué le porte-parole, rappelant qu'il n'était "pas possible de fermer un magasin du jour au lendemain", le groupe ayant reçu "la notification de justice vendredi".
Chez Castorama, cinq des six magasins de la région parisienne qui ont également ont reçu l'ordre de la justice de fermer le dimanche "seront ouverts vraisemblablement demain", a fait savoir une porte-parole à l'AFP. Le sixième, celui de Villetaneuse, étant déjà fermé le dimanche, a-t-elle précisé.
![Benoît Hamon (d) aux côtés d'Arnaud Montebourg à Vieux-Boucau-les-Bains, le 28 septembre 2013 [Jean-Pierre Muller / AFP]](http://www.directmatin.fr/sites/default/files/styles/image_630_400/public/Part-PAR-Par7670931-1-1-0.jpg)
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"Nous pensons obtenir d'ici ce soir les dérogations pour ouvrir", a-t-elle affirmé et, même dans le cas contraire, "Castorama n'exclut pas d'ouvrir" non plus car "beaucoup d'emplois sont en jeu".
Le jugement du tribunal, contre lequel les deux enseignes envisagent d' interjeter appel, est pourtant assorti d'une astreinte de 120.000 euros par magasin et par jour.
Mais l'enjeu est de taille à l'heure où le gouvernement s'acharne à relancer la consommation et l'emploi.
Selon la Fédération des magasins de bricolage (FMB), sur les "7.000 collaborateurs franciliens volontaires" adeptes du travail le dimanche chez Castorama et Leroy Merlin,"1.200 personnes sont concernées par la fermeture" imposée à ces deux enseignes.
La FMB estime aussi que "15 à 20% du chiffre d'affaires" y est réalisé le dimanche.
Les deux chaînes soutiennent qu'une partie des points de vente incriminés --dont certains sont ouverts le dimanche depuis plus de 20 ans-- sont dans la légalité, et que des demandes de dérogations sont en instance pour les autres.
Elles appellent les pouvoirs publics à clarifier un cadre législatif jugé trop complexe, permettant diverses dérogations auprès de diverses autorités.
Tout comme leur concurrent Bricorama, à l'origine de la condamnation, elles réclament d'être logées à la même enseigne que les magasins de jardinage ou d'ameublement pour ouvrir le dimanche.
En juillet, la justice avait été saisie par Bricorama, qui s'estimait lésé par rapport à ses concurrents après avoir été condamné à fermer le dimanche, à l'initiative du syndicat Force Ouvrière (FO).
"Nous invitons M. Hamon à nous écouter et à discuter" pour "mettre fin à une situation ubuesque", a déclaré le porte-parole de Leroy Merlin.
Le député PS Olivier Faure a également prôné sur BFMTV "une solution concertée" facilitant les ouvertures dominicales de magasins en région parisienne, tout en critiquant 'qu'une enseigne puisse contrevenir à une décision de justice".
Selon Jean-Marc Cicuto, délégué syndical central CFTC chez Leroy Merlin, "95% des salariés Leroy Merlin de la région parisienne sont pour le travail du dimanche".
Le gouvernement a indiqué à plusieurs reprises qu'il n'avait pas l'intention de modifier le code du travail, attaché au sacro-saint repos dominical.