En mars 1943, Albert Corrieri avait été déporté dans un camp de travaux forcés. Il a annoncé saisir la CEDH (Commission européenne des droits de l'homme) pour obtenir «le paiement de ses heures.»
Une affaire qui dure. Âgé de 21 ans en mars 1943, Albert Corrieri avait été envoyé de force en Allemagne nazie afin d'intégrer l'un de ses camps de travaux forcés. 83 ans plus tard, l'homme de 104 ans a décidé de saisir la CEDH (Commission européenne des droits de l'homme) pour faire reconnaitre sa déportation.
Le centenaire réclame 43.200 euros, soit 10 euros de l'heure pour la période de travail accomplie notamment dans l'usine chimique de Ludwigshaven du 13 mars 1943 au 15 avril 1945.
«J'ai été réduit à l'état d'esclave, contraint d'effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes, six jours sur sept, dix heures d'affilée, de jour comme de nuit, et sans percevoir le moindre centime de rémunération. J'estime que la France a une dette envers moi», témoigne Albert Corrieri dans une conférence de presse organisé par son avocat.
Alors qu'il était serveur sur le Vieux-Port de Marseille, le centenaire avait été envoyé en Allemagne à l'âge de 20 ans, dans le cadre du Service du travail obligatoire instauré par le gouvernement de Vichy pour répondre aux exigences allemandes de main-d'œuvre. Il a notamment été blessé au bras à cause des bombardements des alliés.
Débouté par la Cour administrative de Marseille en 2015, Albert Corrieri se tourne désormais vers la justice européenne pour obtenir son «dû.» La cour d'appel a rejeté sa demande de dédommagement en se fondant sur la loi du 14 mai 1951. Cette loi a «permis l'indemnisation des préjudices de toute nature causés aux victimes» du STO.
Michel Pautot, avocat d'Albert Corrieri a estimé : «Ce combat dépasse sa personne. Il s'agit de faire reconnaître l'esclavage moderne de la Seconde Guerre mondiale.»