Hollande veut imposer ses vues à Bruxelles

Le président Francois Hollande à Bruxelles, le 24 octobre 2013 [ / AFP/Archives]

François Hollande veut profiter du Conseil européen pour convaincre l’Union européenne, Allemagne en tête, que l’austérité n’est pas la solution.

 

Après le revers du 25 mai dernier, et la vague populiste qui a déferlé sur le continent lors des élections européennes, les dirigeants et chefs d’Etat des vingt-huit pays membres de l’UE se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles.

Un Conseil européen qui devrait, sauf surprise, leur permettre de désigner le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker comme nouveau président de la Commission européenne. Et qui dit nouvelle tête, dit nouvelle politique.

Pour le président français, François Hollande, c’est donc l’occasion rêvée d’impulser un nouveau cap à l’Europe. Reste à convaincre ses partenaires, Angela Merkel en tête.

 

Un combat pour la relance 

Mardi dernier, François Hollande a publié son «Agenda pour la croissance et le changement en Europe», une lettre ouverte adressée au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, responsable de la ligne directrice de l’Union européenne.

Il y décrit cinq grandes priorités pour renforcer l’Europe de demain : une politique économique orientée vers la croissance, la lutte contre le chômage des jeunes, une politique européenne de l’énergie, la maîtrise des flux migratoires et enfin un «choc de simplification» pour les institutions.

Pour y parvenir, le président français demande une plus grande «flexibilité» économique pour les pays membres, et un assouplissement des politiques de rigueur et d’austérité. La France, qui réclame depuis longtemps des délais supplémentaires pour atteindre les 3 % de déficit, serait la première concernée par ces changements.

Mais elle ne serait pas la seule. Dans ce combat pour la relance, Hollande est en effet soutenu par les chefs de gouvernement sociaux-démocrates de l’UE, et en particulier par le Premier ministre italien, Matteo Renzi, qui souhaiterait, lui, aller encore plus loin. Reste à savoir si cette alliance aura assez de poids pour faire prendre un véritable virage à l’Europe.

 

Convaincre Angela Merkel 

Si le désir de réorientation agite Paris et Rome, il ne semble pourtant pas inquiéter Berlin. Mercredi, face au Bundestag, Angela Merkel assurait ainsi que «personne n’a demandé de changement de règles concernant les déficits et que personne ne le demandera». Depuis toujours, la chancelière allemande est une fervente partisane de la rigueur économique. Elle estime que les règles sont faites pour être respectées et que seule la fermeté peut empêcher l’Europe de sombrer.

Contre le front formé par François Hollande et Matteo Renzi, elle devrait en outre obtenir le soutien du (probable) futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le candidat des conservateurs européens, qui a été imposé par Angela Merkel, est en effet connu pour être un partisan de l’austérité.

Pourtant, l’ancien Premier ministre luxembourgeois a bien reçu le soutien de François Hollande et des sociaux-démocrates. Un soutien qui pourrait en réalité cacher certaines concessions en leur faveur. De là à inverser le rapport de forces…

 

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