PS: l'université d'été s'ouvre à La Rochelle dans une ambiance électrique

De g à d: Jean-Pierre Bel, Didier Guillaume et Jean-Christophe Cambadelis dans la cour de Matignon le 26 août 2014 à Paris [Thomas Samson / AFP/Archives] De g à d: Jean-Pierre Bel, Didier Guillaume et Jean-Christophe Cambadelis dans la cour de Matignon le 26 août 2014 à Paris [Thomas Samson / AFP/Archives]

Désunie, ébranlée par une grave crise gouvernementale et une polémique sur les 35 heures, la "famille" socialiste presque au grand complet ouvre vendredi dans une ambiance électrique son université d'été à La Rochelle.

Avant même l'ouverture des débats vendredi après-midi, une certaine effervescence était perceptible, que le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s'est efforcé de tempérer. "Je connais La Rochelle par coeur. Tout le monde s'exprime", a voulu relativiser le premier secrétaire en arrivant jeudi sur les lieux.

Il a cependant fait acte d'autorité en prévenant qu'il ne "saurait accepter" que les débats "aient pour but de renverser le gouvernement". Et de mettre en garde: "les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences".

Mais ce n'est pas gagné, loin s'en faut. "La déchirure est large", résume la députée Karine Berger.

Le contexte est en effet explosif: un gouvernement qui a volé en éclats après la charge d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon contre la politique économique, des critiques contre la nomination d'Emmanuel Macron à Bercy, étiqueté trop libéral pour certains, et une polémique jeudi au sujet de la mesure phare du gouvernement Jospin, les 35 heures.

A cela s'ajoute un appel au "rassemblement" des 203 députés PS qui, dans une tribune, demandent à leurs collègues "frondeurs" de rentrer dans le rang et d'être "pleinement responsables de l'intérêt général de la gauche et du pays". Parmi eux, Bruno Le Roux, chef de file des députés PS ou encore Claude Bartolone, président de l'Assemblée.

Dans ces conditions, Manuel Valls, qui a fait un premier aller-retour jeudi pour s'exprimer devant les élus locaux socialistes de la FNESR, est particulièrement attendu. Son discours dimanche sera scruté, quatre jours après sa déclaration d'amour aux entreprises, particulièrement mal perçue par une partie de la gauche. Cécile Duflot, ex-ministre écologiste, l'accuse ainsi dans Les Echos "d'imiter Thatcher".

Les contestataires, les fameux "frondeurs" qui n'ont pas voté le plan d'économies présenté en avril et se sont abstenus sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale en juillet, ont bien l'intention de voler la vedette au chef du gouvernement. Samedi, ils ont prévu une réunion publique, en marge de l'espace officiel des rencontres. Objectif: ancrer davantage leur mouvement, surtout parlementaire, dans le parti, sous une nouvelle dénomination, "Vive la gauche".

Signe selon eux du succès de leurs propos, ils ont changé de salle à la dernière minute, pour en trouver une plus grande accueillant davantage de monde.

- Les "bannis" du gouvernement seront là -

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse  [Jeff Pachoud / AFP]
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Benoît Hamon et Arnaud Montebourg le 24 août 2014 à Frangy-en-Bresse

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui ont maintenu leur intervention en salle plénière prévue samedi, sont eux aussi très attendus, moins d'une semaine après avoir été débarqués du gouvernement. Aurélie Filippetti, autre bannie, sera également présente à cette université.

Parmi les absents de marque figurent l'ancienne patronne du PS Martine Aubry, sortie de son silence en juillet pour critiquer violemment la réforme territoriale, ainsi que Ségolène Royal, en déplacement en Martinique, ou encore Jean-Marc Ayrault.

En parallèle aux débats, se tiendront comme chaque année plusieurs réunions informelles (proches de Martine Aubry, proches de Stéphane Le Foll etc).

M. Cambadélis, dont c'est la première université en tant que premier secrétaire du parti, cherche lui à asseoir son autorité et rassembler. Au lendemain de La Rochelle, il lancera ainsi des "états généraux du socialisme", un vaste processus de consultation des militants, du 1er septembre au 6 décembre, destiné à redessiner "la carte d'identité" du PS.

Mais l'aile gauche du parti lui réclame au plus vite la tenue d'un congrès. Prévu pour 2015, sa date précise n'a pas été fixée par la direction du parti, accusée de tergiverser de peur de se retrouver perdante.

La prochaine échéance pour la gauche sera les élections sénatoriales, fin septembre, qui s'annoncent à haut risque puisque la chambre haute risque fort de basculer à droite, une nouvelle claque après les déroutes des municipales et des européennes.

Le Parti socialiste a enregistré une baisse de près de 20.000 adhérents en moins en deux ans, qui s'ajoute à la perte de la moitié de ses élus municipaux aux dernières élections municipales.

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