La France en état de siège

Une patrouille de militaires dans le cadre de l'opération Vigipirate. [JOEL SAGET / AFP]

A menace exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Une semaine après l’attentat perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo, le pays a pris des airs de camp retranché, sécurisé comme jamais.

 

Face aux risques de subir de nouvelles attaques, un renfort massif de l’armée a été enclenché ces derniers jours pour épauler les forces de l’ordre déjà en place, et mettre le pays sur le pied de guerre face au terrorisme.

 

«Ils seront là le temps qu’il faudra»

Proche des 2 000 dimanche dernier, le nombre de soldats déployés sur le territoire est passé à 5 400 lundi, puis 8 500 hier, et sera, aujourd’hui, supérieur à 10 000, soit davantage que les 8 350 soldats engagés à l’étranger.

«C’est la première fois qu’une mobilisation de cette ampleur (intervient) sur notre territoire», selon le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des Armées. Des soldats qui sont venus s’ajouter aux dizaines de milliers de policiers et gendarmes déjà sur le pont depuis les attaques. Le contingent en place dépasse désormais les 122 000 hommes, selon le Premier ministre. Et l’Intérieur de préciser : «Ils seront là le temps qu’il faudra.»

Des vétérans de l’Afghanistan aux gardiens de la paix, ils suivent un même objectif : assurer la sécurité des points sensibles du pays. A commencer par les plus de 700 écoles et lieux de culte juifs disséminés dans le pays, mais aussi les lieux de culte musulmans.

Les sièges des médias, eux aussi, ont des hommes armés devant leurs portes. Le plan Vigipirate étant jusqu’à nouvel ordre maintenu à son niveau maximum, l’«Alerte attentat», en Ile-de-France, des mesures draconiennes sont instaurées dans la capitale et ses alentours.

Surveillance accrue des transports et des lieux publics très fréquentés, renforcement des contrôles des personnes, recherches d’explosifs et interdictions de stationnement aux abords des établissements scolaires se poursuivent.   

 

Un besoin de contrôle

Cette opération est à la hauteur des craintes des Français, qui, selon un récent sondage OpinionWay pour LCI, sont plus de huit sur dix à craindre d’autres attentats. Un déploiement de forces qui permet de «ramener l’ordre après le désordre, une structure, un contrôle, à une population qui se sent impuissante», explique la psychologue Laurie Hawkes, auteur de La peur de l’autre (éd. Eyrolles).

La présence massive d’hommes armés rappelle évidemment la gravité de la situation, renvoie à des images guerrières, mais permet aux Français de se sentir protégés, selon la spécialiste. «Après un choc, il peut y avoir la méthode douce. Mais ici, nous sommes dans la réassurance, la fermeté.

Une manière pour le gouvernement de dire : “Pas de panique, je fais ce qu’il faut.”» Omniprésentes, les forces de l’ordre peuvent compter sur l’appui d’une partie de la population, alors que de très nombreuses marques de soutien leur ont été apportées, notamment lors de la marche républicaine de dimanche. Mais ce climat sécuritaire très important, non limité dans le temps, pourrait rapidement montrer ses limites.

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