Où seront enterrés les Kouachi et Coulibaly ?

De gauche à droite Chérif Kouachi, Amédy Coulibaly et Saïd Kouachi. [Photomontage DirectMatin.fr / AFP]

L'épineuse question des lieux de sépulture des trois terroristes abattus la semaine dernière va se poser dans les prochains jours. Pour l'heure les corps d'Amedy Coulibaly, Saïd et Chérif Kouachi n'ont pas été rendus à leurs familles.

 

Comme pour Mohammed Merah en 2012, l'inhumation des auteurs des attentats de la semaine dernière à Paris devraient soulever des polémiques dans les prochains jours. Pourtant la loi est très précise sur le sort des corps de personnes décédées, que les familles les réclament ou non. Et certaines communes pourraient se retrouver avec des dépouilles encombrantes malgré elles.

En droit, si la famille réclame le corps d'un défunt, elle doit respecter ses dernières volontés quand elles existent. Autrement elle doit prendre des dispositions pour choisir un lieu d'inhumation. Généralement l'existence d'un caveau familial dans un cimetière est toute indiquée car personne ne peut s'y opposer. En effet, le maire d'une commune peut s'opposer à une inhumation sur son territoire, sauf si un caveau existe ou que le défunt a un lien avec cette commune.

Seulement Antoine Flasaquier, l'avocat de la veuve de Saïd Kouachi, indiquait ce jeudi au Parisien qu'il ne savait pas si les familles des terroristes pourraient récupérer les corps. "Je n'arrive pas à obtenir d'information sur le sujet auprès du parquet antiterroriste de Paris" affirme-t-il.

 

Si le corps n'est pas réclamé

Deuxième possibilité, le corps d'un défunt n'est pas réclamé par un membre de sa famille. La loi pourvoit aussi à cette situation en disposant qu'un défunt peut être inhumé dans les cimetières de la commune où il habitait, de la commune où il est mort,  et de la commune où se trouve un éventuel caveau de famille. Un maire ne peut pas la refuser.

Mais il peut en revanche exiger une présence policière lors de l'enterrement et que la tombe du défunt soit anonyme. Sans caveau familial, le défunt est inhumé à un emplacement individuel fourni gratuitement pour au moins cinq ans.

 

Les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële ?

Dans le cas de Saïd Kouachi, le terroriste pourrait ainsi être enterré aussi bien dans un cimetière de Reims, où il habitait, qu'à celui de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) où il a trouvé la mort pendant l'assaut du GIGN.

Chérif Kouachi, son frère, dont on ne sait si sa veuve souhaite réclamer le corps, pourrait être inhumé lui à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), ville où il habitait, ou à Dammartin-en-Goële. Aucunes de ces communes n'a à ce jour reçu de demandes d'inhumation.

 

Le sort du corps d'Amedy Coulibaly

Quant à Amedy Coulibaly, la mairie de Grigny (Essonne) où vivent sa mère et sa sœur, n'a pas non plus reçu de demandes d'inhumation. Celle de Viry-Châtillon, où il était inscrit sur les listes électorales, non plus.

Mais il pourrait tout aussi bien être inhumé à Paris, commune où se situe l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes qu'à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), commune de sa dernière résidence.

En 2012, Mohamed Merah avait finalement été enterré dans le carré musulman du cimetière intercommunal de Cornebarrieu (Haute-Garonne), près de Toulouse, après le refus de l'Algérie d'accueillir sa dépouille comme le demandait sa famille.

 

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