Terrorisme : la riposte

Le Premier ministre Manuel Valls mercredi, lors de la présentation du plan anti-terroriste. Le Premier ministre Manuel Valls mercredi, lors de la présentation du plan anti-terroriste. [PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP]

En réponse à la série d’attentats qu’a connue la France, l’exécutif s’est lancé dans un combat contre l’extrémisme sur tous les fronts.

 

La riposte était indispensable. Suite aux attaques contre Charlie Hedbo, à Montrouge et à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, le Premier ministre Manuel Valls a présenté mercredi de nouvelles mesures pour muscler la lutte antiterroriste.

Alors que la France est confrontée à un défi "redoutable" selon lui, avec 3 000 individus impliqués dans les filières jihadistes, l’Etat a mis l’accent sur les moyens ­humains et ­financiers. Près de 2 700 emplois vont être créés, et 700 millions d’euros ­alloués sur trois ans. A ­menace globale, réponse globale.

 

Une surveillance renforcée grâce au renseignement

Ingénieurs, informaticiens, traducteurs, analystes… Le recrutement de plus de 400 agents est en cours dans les services des renseignements. Ces derniers, actuellement en sous-effectifs pour suivre de près les réseaux, vont être renforcés grâce à 1 100 embauches.

L’idée est notamment de muscler les cyber-patrouilles, qui traquent les recruteurs jihadistes sur la Toile. Leur matériel informatique sera amélioré. Autre enjeu : les mises sur écoutes des suspects et de leur entourage.

Le renseignement est soumis à des quotas en la matière, mais le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a laissé entendre que ces "interceptions" ­seraient à l’avenir plus nombreuses.

 

Un fichier élargi regroupant les individus liés au terrorisme

De Merah aux frères Kouachi en passant par Coulibaly, la question du passé judiciaire des terroristes et de leur suivi est posée.

C’est pourquoi Manuel Valls a annoncé la création, sous le contrôle d’un juge, d’un fichier spécifique regroupant les personnes "prévenues ou condamnées pour des faits de terrorisme". Pour qu’on ne perde pas leur trace, elles devront déclarer, à intervalles réguliers, leur adresse ou changement d’adresse et tout déplacement à l’étranger.

 

Un isolement des détenus radicalisés dans les prisons

La radicalisation religieuse en prison est au cœur du débat depuis des mois. À Fresnes (Val-de-Marne), une expérimentation est en cours, consistant à ­regrouper les prisonniers les plus ­radicaux pour limiter leurs contacts.

L’Etat veut créer cinq autres quartiers de ce type. Une initiative concernerait aussi les aumôniers musulmans. Au nombre de 182, ils seront soixante de plus pour accompagner les prisonniers dans leur foi en évitant les dérives.

 

Un meilleur équipement pour armer les forces de l’ordre

L’arsenal utilisé par les terroristes, notamment des kalachnikovs, a montré que les forces de l’ordre, à l’exception de leurs unités spéciales, ne luttaient pas à armes égales.

Une partie de l’enveloppe libérée par l’État va donc aller au renforcement de la protection des policiers. Le Premier ministre a évoqué l’arrivée de ­gilets pare-balles plus performants, de casques balistiques de combat, et de nouvelles armes à feu.

Sur le plan matériel, également, des nouveaux ­véhicules vont être alloués à la police et la gendarmerie.

 

Une réflexion lancée sur la peine d’indignité nationale

Pour punir les Français auteurs d’attentats, Manuel Valls a ressorti des cartons l’indignité nationale. Ce crime avait été mis en place entre 1944 et 1951 pour sanctionner les collaborateurs avec l’occupant nazi.

La peine qui en ­découle, la dégradation nationale, ­entraîne entre autres la privation du droit de vote, l’exclusion de la fonction publique, de tout métier éducatif ou poste à responsabilité dans une entreprise.

Une réflexion va être menée sur ce retour possible au Parlement, et des propositions seront faites dans les six semaines.

 

Une prévention accrue sur Internet et à l’école

Pour mieux prévenir les départs vers les terres de jihad, une plate-forme télé­phonique de signalement a été mise en place en avril dernier. Ce dispositif va être complété par le lancement, dans les prochains jours, d’un site Internet ­visant à informer le grand public sur les moyens de lutter contre l’embriga­dement.

Mais la prévention passe aussi par l’éducation. Alors qu’un plan d’action doit être présenté jeudi par le ministère, François Hollande veut de la fermeté : aucun des incidents signalés dans les écoles suite aux attentats «ne sera laissé sans suite», a-t-il indiqué.

 

 

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