Terrorisme : surveillance maximale

Le Premier ministre Manuel Valls.[PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP]

Frappée une nouvelle fois par le terrorisme, avec la mort mercredi, à Tunis, de deux de ses ressor­tissants, la France continue de renforcer sa lutte contre une menace jihadiste en constante progression.

 

En première ligne pour démanteler dans l’Hexagone les filières de recrutement et empêcher de nouvelles attaques, les services de renseignement sont au centre d’un projet de loi, présenté jeudi en Conseil des ministres.

Un texte qui entend ­faciliter la tâche des agents, alors que l’exécutif a annoncé, en début d’année, une hausse de leurs effectifs, avec 1 000 nouveaux postes prévus.

 

Micros et caméra espion

Pointé du doigt après les attaques de Merah, puis après les attentats parisiens, le renseignement a montré ses failles. Manuel Valls l’a reconnu jeudi : "Aujourd’hui, seul un individu sur deux qui arrive en Syrie a été détecté avant son départ." Son but est donc de "donner aux services les moyens à la ­hauteur des défis auxquels notre pays est confronté". Car leur infiltration des réseaux paraît dépassée : ils doivent ­demander l’autorisation de la justice pour opérer, ou agissent… hors champ légal. Leur palette d’outils va ainsi être élargie.

En plus des écoutes téléphoniques traditionnelles, ils vont pouvoir intercepter sur Internet, sans passer par la case justice, les contenus des e-mails ou des messageries instantanées, ou enregistrer en temps réel ce qu’un suspect tape sur son clavier d’ordinateur.

Autres possibilités, celles d’installer des micros et une caméra espion dans l’appar­tement d’un individu, de sonoriser son véhicule ou d’y insérer une ­balise pour le suivre à la trace. Voire ­siphonner, grâce à un appareil sophistiqué, les données des téléphones et ­ordinateurs qui se trouvent à proximité. Autant d’armes dont l’utilisation sera contrôlée par une autorité administrative dédiée, qui réunira des magistrats, des parlementaires, et un expert des communications électroniques.

 

S'attaquer aux finances des terroristes

Mais l’Etat ne se contente pas de ­surveiller les suspects, il veut aussi s’attaquer à leurs finances. Constatant "la capacité de certains réseaux à se ­financer de manière souterraine", le ­ministre des Finances, Michel Sapin, a présenté cette semaine un plan visant à limiter la circulation des ­espèces et les paiements anonymes.

Il souhaite notamment abaisser, de 3 000 à 1 000 euros, le seuil de paiement en liquide autorisé, mais aussi instaurer un signalement systématique à Bercy de tout dépôt ou retrait d’argent supérieur à 10 000 euros en France.

 

Un arsenal complet

Par ces initiatives sécuritaires, l’exécutif complète un arsenal fourni, qui avait déjà été renforcé en novembre par la loi antiterroriste. Un texte qui a instauré, pour mieux contrecarrer les loups solitaires, un nouveau délit d’"entreprise terroriste individuelle".

Face aux départs vers les terres de jihad, une ­interdiction de sortie du territoire, d’une durée de six mois, a aussi été mise en place. Tout comme, côté prévention, le site stop-djihadisme.gouv.fr, qui vise à défaire la propagande de Daesh sur son terrain de chasse préféré : la Toile.

 

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