La France commémore la prise d'otages sanglante de l'Hyper Cacher

Le président Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et la maire de Paris Anne Hidalgo, assistent à la cérémonie de dévoilement de la plaque devantl'Hyper Cacher à Paris, le 5 janvier 2016  [IAN LANGSDON / POOL/AFP] Le président Hollande, le Premier ministre Manuel Valls et la maire de Paris Anne Hidalgo, assistent à la cérémonie de dévoilement de la plaque devantl'Hyper Cacher à Paris, le 5 janvier 2016 [IAN LANGSDON / POOL/AFP]

La France commémore samedi la prise d'otages sanglante dans l'Hyper Cacher, où quatre juifs ont été tués par le jihadiste Amédy Coulibaly, le 9 janvier 2015, au lendemain du meurtre d'une jeune policière municipale, à qui un hommage sera aussi rendu.

Un "rassemblement unitaire d'hommage" aux victimes des attentats de janvier se tiendra à 19H30, à l'issue du shabbat - le repos juif de fin de semaine -, devant le supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris, à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et en présence du Premier ministre Manuel Valls, du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du dirigeant du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech. "En dépit d'un traumatisme durable, la vie a repris son cours. Avec le sentiment d'une fraternité retrouvée", se réjouit avec le recul le grand rabbin de France, Haïm Korsia.

Mais si la communauté juive s'est habituée à la présence, rassurante et impressionnante à la fois, de soldats devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires, l'inquiétude persiste et les doutes devant l'avenir se lisent notamment dans l'émigration vers Israël (aliyah, "montée" en hébreu). La France a vécu en 2015 une deuxième année consécutive record, avec près de 7.900 départs. "Je ne me sens plus en sécurité ici. En tant que juifs, nous sommes une cible privilégiée, dans un pays qui est lui-même une cible", analyse ainsi Noémie, survivante de l'Hyper Cacher.

Les départs de juifs de France [K. TIan/J. Jacobsen / AFP]
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Les départs de juifs de France

Mardi, François Hollande s'était rendu devant le supermarché, pour le dévoilement d'une plaque "à la mémoire des victimes de l'attentat antisémite du 9 janvier 2015" et portant le nom des quatre victimes : Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada. D'autres plaques avaient alors été dévoilées devant les locaux de Charlie Hebdo et sur le boulevard Richard-Lenoir où un policier a été abattu par les frères Kouachi. Jeudi, au moment même où le chef d'Etat rendait hommage aux forces de l'ordre, un homme armé d'un hachoir, criant "Allah Akbar" et se revendiquant des jihadistes de Daesh a été tué par les policiers devant un commissariat de Barbès, un an jour pour jour après l'attaque contre Charlie.

Un hommage sera également rendu samedi à la mémoire de la policière municipale Clarissa Jean-Philippe, tuée en pleine rue le 8 janvier 2015 à Montrouge (Hauts-de-Seine) par Amédy Coulibaly, au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo, alors qu'elle avait été appelée sur un accident de la circulation à proximité d'une école juive. Une plaque doit être dévoilée dans la matinée à Montrouge en présence du président François Hollande. Un square à son nom doit aussi être inauguré à Carrière-sous-Poissy (Yvelines), la ville où résidait la jeune femme de 26 ans, de même qu'une rue à Villepinte (Seine-Saint-Denis).

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