Essai thérapeutique : un accident encore "inexpliqué et inexplicable"

Aucune cause n'est pour l'instant avancée pour expliquer l'accident. Aucune cause n'est pour l'instant avancée pour expliquer l'accident. [DAMIEN MEYER / AFP]

L'essai thérapeutique qui a provoqué la mort cérébrale d'un patient et des troubles neurologiques chez quatre autres, hospitalisés à Rennes mais dans un état stable, est encore "inexpliqué et inexplicable", selon le laboratoire en charge.

L'enquête se poursuit, aujourd'hui à Rennes, pour tenter d'expliquer l’accident d’essai clinique survenu dans le laboratoire Biotrial la semaine dernière. En effet, six hommes âgés de 28 à 49 ans, qui faisaient partie d’un groupe de 90 "volontaires sains", ont été hospitalisés après avoir testé une molécule pour le compte du laboratoire pharmaceutique portugais Bial. Leur état est désormais "stable", a indiqué samedi le centre hospitalier universitaire de Rennes. L’un des patients est toutefois dans un état de mort cérébrale et quatre présentent des troubles neurologiques. Le sixième, hospitalisé par précaution, ne présente pas de symptômes - tout comme les 84 autres participants à l’essai, sains et saufs.

Aucune cause n’a encore été avancée. Des perquisitions ont néanmoins eu lieu ce week-end dans les locaux du centre de recherche Biotrial, afin de déterminer les raisons de l’accident. Ont notamment été saisis les lots de médicaments incriminés. "A l’heure qu’il est, nous restons toujours dans un cadre d’événements imprévisibles, inexpliqués et inexplicables", a déclaré le directeur général de Biotrial, François Peaucelle.

La dose maximale "était loin d'être atteinte"

Les six personnes hospitalisées sont les seules de l'essai, selon François Peaucelle, à avoir avalé une dose identique de la molécule testée, les autres ayant pris des doses inférieures. La dose maximale autorisée dans cet essai "était loin d'être atteinte", a ajouté le directeur, et "aucun effet d'alerte particulier" n'avait été observé chez les patients qui avaient pris la molécule à dose inférieure.

Chaque année, des milliers de volontaires participent à des essais cliniques et les accidents recensés sont très rares. Sur cet essai, une semaine complète de test était rémunérée un peu plus d'un millier d'euros, a précisé François Peaucelle, mais chaque volontaire n'a droit qu'à un gain maximal de 4 500 euros par an, ce qui limite obligatoirement sa participation à ces types d'essais.

 

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