Abaaoud projetait d’attaquer une crèche

«Je suis là pour faire en sorte qu’il n’y ait plus de ratés», aurait souligné Abdelhamid Abaaoud à la jeune femme. [AFP / ARCHIVES]

La jeune femme, dont le témoignage a permis à la police de localiser Abdelhamid Abaooud, raconte au micro de RMC que ce dernier lui avait confié ses projets d’attentats visant une crèche, un commissariat et un centre commercial de la Défense.

Sonia (son identité a été modifiée) était une amie d’Hasna Ait Boulahcen, la cousine du d’Abdelhamid Abaaoud. Deux jours après les attentats qui ont fait 130 morts, Sonia est avec Hasna lorsque cette dernière reçoit un appel de Belgique. Elle a alors pour consigne de trouver une voiture «pour aller chercher quelqu’un qui a besoin d’un hébergement».

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Les deux jeunes femmes se rendent au 2 rue des Bergeries à Aubervilliers, une zone industrielle isolée, rapporte RMC. Sur place, après qu’Hasna a lancé un le nom de code «1010», un homme sort de derrière un buisson. C’est Abdelhamid Abaaoud. «Il avait un bob sur la tête, des baskets orange, un bombers. Pour moi c’était un Roumain », explique Sonia. Et de poursuivre : «En plus, il avait le sourire, il ne ressemblait pas du tout à un terroriste».

Mais très vite, l’homme évoquera les attentats, faisant preuve de fierté et de détachement. «Les terrasses c’est moi», lui aurait-il déclaré. «Il raconte ça comme s’il racontait qu’il est parti faire les courses et qu’il avait trouvé un baril de lessive en promotion», souligne Sonia.

«Faire en sorte qu'il n'y ait plus de ratés»

Abdelhamid Abaaoud explique également à la jeune femme être rentré en France sans papiers avec plusieurs autres Syriens, Irakiens, Français… «Il me dit qu’ils sont rentrés à 90 et qu’ils sont un peu partout en Ile-de-France».

Tandis que la discussion se poursuit, Sonia découvre avec horreur qu’il ne compte pas s’arrêter là : «Il m’a dit : il y a eu des ratés, et je suis là pour faire en sorte qu’il n’y ait plus de ratés». 

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Sonia apprendra le lendemain, de la bouche d’Hasna Ait Boulahcen, qu’Abaaoud compte attaquer une crèche, un commissariat et un centre commercial de la Défense le jeudi qui suit, le 19 novembre. Elle contacte alors le 197, le numéro d’urgence mis en place après les attentats et fournit les informations aux enquêteurs. Le lendemain, les forces de police donnent l’assaut contre un appartement de Saint-Denis, lors duquel Abdelhamid Abaaoud, sa cousine et un autre complice trouvent la mort. 

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